Musiques occidentales et non-occidentales « sur un pied d’égalité » : le Musée de la musique repense la présentation de ses collections

Crédit : Charles d'Hérouville/Musée de la musique

Le Musée de la musique à Paris a repensé la présentation de sa collection: il propose désormais une nouvelle perspective historique mettant en avant les échanges culturels entre continents, et place « sur un pied d’égalité » musiques occidentales et non-occidentales.

Le Musée de la musique, né en 1997 et qui fait partie de l’ensemble Cité de la musique-Philharmonie de Paris dans le nord de la capitale, n’avait pas été réorganisé depuis 2009. A cette date, avaient été inaugurées de nouvelles salles consacrées aux « musiques du monde », permettant de « voir le fonds extra-européen en grande partie invisible jusqu’alors », a indiqué Alexandre Girard-Muscagorry, le conservateur du musée.

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Avec ce nouveau réaménagement, le geste va plus loin : l’histoire de la musique depuis le XVIIe siècle jusqu’à nos jours est revue sous le signe du décloisonnement des sociétés et des cultures, a résumé Marie-Pauline Martin, directrice du Musée. Il s’agit de « mettre toutes les musiques sur un pied d’égalité », précise Olivier Mantei, le directeur général de la Philharmonie.

Un sitar exposé dans la salle dédiée à la musique de cour à Versailles au XVIIe siècle

Cet objectif se traduit d’abord par l’insertion de nouveaux instruments dans le parcours. Ainsi, dans la salle dédiée à la musique de cour à Versailles au XVIIe siècle, « une fenêtre est ouverte sur une autre géographie », celle de l’Inde, avec l’exposition d’un sitar, « instrument maître des soirées musicales et poétiques dans les cours d’Inde du nord jusqu’au XIXe siècle », souligne le conservateur.

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Plus loin, deux violons de Madagascar, dont l’un taillé dans un bloc de bois, daté « d’avant 1931″, ont été insérés dans la vitrine des cinq Stradivarius de la collection nationale afin de montrer que l’histoire du violon ne se limite pas à des échanges entre l’Italie, l’Allemagne et la France.

200 nouvelles pièces

Les deux dernières salles présentant les collections extra-européennes ont été revues dans leur présentation et leur scénographie. Y figurent de nouvelles pièces, grâce à l’acquisition d’instruments contemporains comme le guembri (luth de musique Gnawa, utilisé en Afrique du nord) ou un xylophone bala) L’exposition aborde aussi le lien entre musique et esclavage au XVIIIe siècle, montrant par exemple une sanza, piano à pouce ou lamellophone ayant appartenu à un esclave de Porto Rico né en Afrique.

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Au total, au moins 200 nouvelles pièces, dont certaines issues de dépôts ou prêts à long terme d’une quinzaine de musées (dont le musée du Quai Branly, le Musée du Louvre), enrichissent les collections (9000 pièces), sans compter toutes celles qui ont été restaurées.

Philippe Gault (avec AFP)

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