Les 5 meilleurs jouets musicaux pour un bébé mélomane

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Vous en avez forcément manipulé dès le plus jeune âge : depuis des décennies, les jouets-instruments pour les plus petits – mais aussi les grands ! – se vendent à foison à chaque Noël. Leur objectif : permettre l’éveil musical des enfants. Tour d’horizon des jouets musicaux les plus cultes, qui ont parfois été intégrés à de véritables orchestres…

Si les effets spectaculaires de la musique sur l’être humain ne sont plus à prouver, celle-ci peut s’avérer particulièrement efficace pour apaiser les enfants. Des jouets stimulant simplement l’audition à de véritables instruments miniatures qui contribuent au développement psychomoteur des plus jeunes, tous permettent de stimuler à la fois la créativité et la motricité, et d’ouvrir les enfants à la musique.

Le hochet, un jouet millénaire

C’est l’un des plus vieux jouets du monde : son invention est attribuée à un contemporain et disciple du philosophe de la Grèce antique Platon : Archytas de Tarente. Ce dernier a créé ce petit objet avec pour unique but d’amuser ses enfants.

Il faut attendre le XIIIe siècle pour que le terme « hochet » soit employé pour la première fois dans un poème anonyme. Par la suite, ce jouet est illustré au XIVe siècle dans les œuvres d’art aux côtés du sabot, du cheval-bâton, de la toupie et de la balle, et devient un véritable objet d’orfèvrerie.

Au XVIIIe siècle, le philosophe Jean-Jacques Rousseau s’insurge contre ces hochets qui accoutument l’enfant dès sa naissance au luxe. Mais ses propos ne rencontrent aucun écho. Le XIXe siècle est celui de la démocratisation : des hochets bon marché apparaissent. Le XXe siècle voit la généralisation de l’usage du plastique et de la fabrication en grande série.

La boîte à musique, un objet de luxe

Tout le monde a déjà entendu au moins une fois le son doux, léger et mélodieux produit par une boîte à musique. Grâce à un mécanisme à ressort faisant tourner un cylindre avec des broches ou des picots, une séquence de notes est jouée, créant une mélodie distincte.

L’histoire de cet objet mythique commence en 1796, lorsqu’un horloger suisse du nom d’Antoine Favre a l’idée d’intégrer un mécanisme musical dans des montres. A l’époque, la fabrication de ces mécanismes se fait exclusivement de manière artisanale. Il faut attendre la fin du XIXe siècle pour que débute la production de boîtes à musique de façon industrielle.

Au début du XXe siècle, l’apparition du phonographe permettant de reproduire la voix humaine et les sons des instruments de musique précipite la chute des ventes de boîtes à musique. Aujourd’hui, elles peuvent avoir une très grande valeur. Les boîtes à musique à ressorts « The Singing bird » de la marque suisse Jaquet-Droz sont décorées avec des peintures à la main d’oiseaux chantants et de fleurs et leur mécanisme intérieur est capable de produire plusieurs mélodies avec des oiseaux qui chantent en même temps. Très rares, ces objets peuvent valoir des millions de dollars.

Le xylophone, parfois utilisé dans des orchestres symphoniques

Il est reconnaissable en un coup d’œil avec ses lames de couleur et les petits maillets en bois qui l’accompagnent : le xylophone, véritable instrument, fait partie des jouets musicaux cultes dans sa version miniature. Sa simplicité d’utilisation et ses couleurs chatoyantes font de lui un objet particulièrement ludique et accessible.

D’abord fabriqué avec des lames en bois (xylo signifie bois en grec) puis plus tard avec des lames métalliques offrant un son plus cristallin, le claquebois, tel qu’il était parfois appelé au XVIIe siècle, trouve ses premières traces en Indonésie au XIVe siècle.

Au XIXe siècle, le pianiste et organiste Camille Saint Saëns, célèbre compositeur de l’époque romantique, introduit le xylophone pour la première fois dans un orchestre symphonique, avec sa Danse macabre composée en 1874.

« L’art du toy piano »

Il ressemble par bien des aspects à un piano classique, avec ses touches blanches et noires. Pourtant il n’a pas de pédale, ne mesure que quelques dizaines de centimètres et ne dispose que d’une quarantaine de touches au maximum : le piano-jouet est l’instrument parfait pour éveiller les enfants à la musique.

Le père du « toy piano » se nomme Albert Schoenhut. C’est d’une usine de jouet de son père à Philadelphie, aux Etats-Unis, que sort le tout premier « toy piano » moderne. Au lieu d’utiliser des lamelles en verre trop fragiles pour des enfants, Schoenhut démocratise l’usage de lamelles en métal qui lui donne aujourd’hui ce son de vibraphone miniature, dont le timbre évoque l’enfance et la légèreté.

C’est John Cage, compositeur de musique contemporaine expérimentale, qui a donné ses lettres de noblesse au piano-jouet. Il a l’idée d’utiliser ce clavier miniature en 1948 dans sa Suite for toy piano. Le pianiste fait de l’apparence et des possibilités rudimentaires de l’instrument une force : sa pauvreté s’est muée en simplicité, ses limites sont devenues épures. Parmi les interprètes, Margaret Leng Tan est devenue la grande représentante du piano-jouet, n’hésitant pas à évoquer un « art du piano-jouet » dans ses interviews.

Les maracas, une percussion universelle

De nombreuses représentations attestent de l’existence des maracas dès la période précolombienne, chez les Incas, les Mayas, les Aztèques et les Quechuas. Au Venezuela, les populations autochtones utilisaient une maraca pour accompagner leurs chants.

A la fin du XIXe siècle, les maracas deviennent un instrument majeur à Cuba. Sur l’île, les instrumentistes utilisent divers matériaux pour remplir ces « boules de rumba », comme les appellent improprement les Européens : petits morceaux de bois, graines mais aussi parfois résidus de munitions. Ce sont eux qui créent ce son si caractéristique.

Peu à peu, l’instrument s’impose même dans l’orchestre symphonique. Le grand compositeur mexicain Silvestre Revueltas l’a régulièrement utilisé, comme dans La nuit des Mayas ou Sensemayá. Dans la symphonie Jeremiah, Leonard Bernstein, célèbre compositeur de la partition de la comédie musicale West Side Story, spécifie que les timbales doivent être frappées par des maracas.

Paul Cassedanne

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