10 ans de la Philharmonie de Paris : « Son succès est inversement proportionnel aux craintes » à sa création, se félicite Olivier Mantei

Crédits : Irène de Rosen

La Philharmonie de Paris fête ses 10 ans. Le projet a beaucoup été critiqué au départ en raison de son coût. Aujourd’hui les éloges ont remplacé les critiques et les bons chiffres confirment cette réussite. Son directeur général Olivier Mantei était ce mardi 14 janvier l’invité de Stéphane Pedrazzi dans Les Voix de l’Economie.

Installer ce haut lieu musical dans l’Est parisien était un pari risqué. Mais ce grand projet, initié par le musicien et pédagogue Olivier Boulez, est salué par tous comme une réussite populaire, avec l’inclusion d’un nouveau public, et une offre très diversifiée.

« A la Philharmonie et à la Cité de la musique, on vient voir une exposition, on passe par les concerts, les ateliers, les colloques ou les conférences. On va à la médiathèque et on va prendre un verre », égraine Olivier Mantei, directeur général de l’institution musicale parisienne. Cette transversalité est « un des facteurs principaux » de la réussite de la Philharmonie, « un succès inversement proportionnel aux craintes qu’on avait à sa création ».

Une « génération Philharmonie » de trentenaires

L’autre pari remporté par la Philharmonie est d’attitrer un public de plus en plus jeune, « 10% ont moins de 28 ans » souligne Stéphane Pedrazzi. Une « génération Philharmonie », selon l’expression d’Olivier Mantei, qui désigne des spectateurs trentenaires. Le directeur général décrypte ce phénomène progressif, qui s’appuie sur une stratégie à long terme : « Très tôt, ce public s’est approprié un territoire, un terrain de jeu, par des ateliers. Quand on grandit, on passe d’un atelier à une salle de concert ». La Philharmonie a également su attirer les grands mélomanes, plus habitués à l’ouest parisien : « la bonne nouvelle, c’est que [ce public] a fait l’effort de venir, et un nouveau public de l’Est s’est approprié sa salle ».

Cette volonté d’ouverture se perçoit également dans la programmation, avec la mise en avant de cheffes d’orchestre, grâce au concours Maestra : « c’est le seul projet qu’on voudrait voir disparaître », déclare malicieusement Olivier Mantei, qui aimerait ne pas avoir à se battre pour la parité. « Mais on n’y est pas, même si on progresse », souffle-t-il.

Les mécènes « extrêmement présents »

Pour mener et poursuivre tous ces projets à bien, il faut un financement solide. Avant la pandémie, la Philharmonie de Paris avait un rapport de 60% de subventions publiques et 40% de ressources propres. « Ce rapport à changé, il est autour de 50-50, ce qui est une bonne nouvelle du point de vue des ressources propres, mais c’est aussi le signe d’un retrait de la subvention publique », déplore l’invité des Voix de l’Economie. Ce retrait a pu être compensé par les recettes de billetterie, qui ont augmenté de 17%, le mécénat avec un bond de 65% et les prestations externes.

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C’est surprenant, mais en cette période de dégradation du climat économique les mécènes sont « extrêmement présents » assure Olivier Mantei. Il y voit l’impact de la dimension sociétale du projet, la volonté d’intégrer les publics empêchés. « C’est ce qui je pense mobilise d’autant plus les partenaires », poursuit-il.

Béatrice Mouedine

 

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