La Maison Académique des Mathématiques, installée depuis septembre dernier au collège Jean-Lolive de Pantin vise à donner aux élèves l’envie de faire des maths. Pour mieux leur faire comprendre cette matière, les intervenants passent par la musique.
Répartis gaiement autour d’un piano, 17 collégiens de Seine-Saint-Denis apprivoisent des notions mathématiques… en chantant. « Saurez-vous trouver les deux symétries présentes dans cette composition de Mozart ? », interroge une intervenante. Conviés pour un atelier, ces élèves de 4ème et 3ème semblent d’emblée à l’aise entre les murs de la Maison académique des mathématiques, inaugurée en septembre au sein de leur collège classé en REP+ (Réseau d’éducation prioritaire, moyens renforcés).
Hospitalier, le lieu vise à « réduire l’anxiété des élèves et même celle des profs face aux maths », explique le directeur scientifique et pédagogique du projet, Richard Bréhéret. « Car dans le primaire, par exemple, les professeurs ne se sentent pas toujours suffisamment solides » pour les enseigner. Ludique, l’atelier fait ainsi passer plusieurs notions mathématiques par la culture. « J’ai adoré », conclut un collégien. « C’était comme un cours de maths… en plus vivant », renchérit une autre.
Un investissement de 20 millions d’euros
Cet après-midi-là, des collégiens entouraient la pianiste Alexandra Degraeve, inspectrice en éducation musicale, qui leur a fait écouter du Ludwig van Beethoven, du Miles Davis ou encore le Boléro de Maurice Ravel. Soudain, quand elle demande aux adolescents ce qu’ils entendent « comme symétrie » dans ces musiques, la réponse fuse de la bouche de Léa: « une symétrie axiale ». « C’est un vrai défi de faire vivre aux élèves une chose aussi abstraite que la symétrie », explique la musicienne. « D’où ma grande joie quand la jeune fille a fait le geste de plier, c’est-à-dire transférer l’art du temps sur deux dimensions grâce à la musique ».
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L’investissement de 20 millions d’euros dans cette Maison se veut une réponse aux « mauvais résultats en maths des élèves de l’académie de Créteil » où, « malgré des enseignants très motivés, ça ne prenait pas », concède Stéphanie Houdecek, directrice opérationnelle du projet. Quelques mois seulement après l’inauguration de la Maison des mathématiques, les ateliers restent rares encore.
« Mais l’ambition d’ici cinq ans, c’est non seulement qu’il y ait des cycles de conférences mais que les enseignants s’en emparent pour créer leurs propres outils pédagogiques », espère Stéphanie Houdecek.
Philippe Gault (avec AFP)
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