C’est un trouble auditif qui concerne 10% à 15% de la population adulte mondiale : les acouphènes. Il s’agit de bourdonnements, sifflements, et grésillements qui empoisonnent la vie des personnes qui en sont atteintes.
La quasi-totalité de ces troubles est liée à une perte de l’ouïe qui ne se repère pas toujours lors des tests auditifs. Une étude américaine publiée récemment dans Scientific Reports a donc cherché à comprendre pourquoi.
Les chercheurs à l’origine de ces travaux ont travaillé auprès de 300 adultes ne présentant a priori aucune perte d’audition mais dont certains souffraient quand même d’acouphènes.
Un audiogramme classique ne mesure par les sons forts
Ils ont détecté chez ces patients des dégradations des fibres du nerf auditif, qui sont responsables de la transmission des sons au cerveau.
Jean-Luc Puel, professeur en neurosciences à l’université de Montpellier, détaille la composition de nos oreilles: « Il y a plusieurs types de fibres, certaines qui codent les sons très faibles, d’autres pour les sont plus forts. Ce sont ces fibres qui codent les sont forts qui disparaissent en premier. Ainsi, l’audiogramme reste normal car celui-ci ne teste que les sons très faibles ».
Le cerveau compense la perte d’audition par une activité plus intense
Cette perte de sensibilité aux sons forts, indétectable par l’audiométrie classique, est responsable des acouphènes. Le cerveau s’adapte en augmentant son gain, c’est-à-dire sa sensibilité au bruit, jusqu’à un seuil trop important, ce qui crée une sorte de larsen.
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Ce sont en fait des acouphènes, des bruits fantômes liés à l’hyperactivité du cerveau censée compenser la perte d’audition.
Anna Huot
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