Supprimer des jours fériés pour augmenter la productivité, une mesure essentielle selon l’économiste Jean-Marc Daniel

Alfonso Jimenez/Shutterstock/SIPA

Le Premier ministre Michel Barnier prononcera aujourd’hui son discours de politique générale. Quelles seraient les trois mesures essentielles à prendre ? David Abiker a posé la question à l’économiste Jean-Marc Daniel. L’auteur de « Nouvelles leçons d’histoire économique » (éd. Odile Jacob) et professeur émérite à l’ESCP Europe était l’invité de la matinale de Radio Classique ce mardi.

La première mesure que devrait prendre le chef du gouvernement, selon Jean-Marc Daniel, serait « d’investir dans la recherche et la formation ». Il pointe un secteur « sinistré » qu’il serait bon de rendre à nouveau performant. Se revendiquant haut et fort comme un économiste libéral, il propose d’introduire de la concurrence dans ce secteur, de rendre les universités totalement autonomes et même de laisser émerger des universités privées.

L’autre priorité est de demander à la France et aux Français des « efforts », car le pays vit au-dessus de ses moyens. La « plus évidente des solutions » selon Jean-Marc Daniel, est de celles qui font bondir la gauche : « augmenter la CSG pour créer des fonds de pension afin de dégager l’épargne dont le pays à besoin ».

Michel Barnier, un technicien chargé de trouver un équilibre

Enfin ce sont plutôt les salariés qui risquent de tiquer en découvrant la troisième mesure indispensable selon lui. Si la France vit avec un revenu qui n’est pas en conformité avec sa production, il faut donc augmenter la quantité de travail. Jean-Marc Daniel rappelle qu’un effort a déjà été fait sur les retraites. Il reste maintenant « une piste délicate à mener » : la suppression de quelques jours de congés.

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Cela dit, l’économiste est sûr qu’aucune de ces mesures sera prise par Michel Barnier. Il estime que le Premier ministre est dans la même position que Mario Monti dans l’Italie de 2011, qui rencontrait  alors des problèmes de financement de sa dette. La classe politique, incapable de se mettre d’accord, s’était tournée vers un technicien, chargé de chercher des équilibres, plutôt que d’entreprendre des réformes en profondeur.

Béatrice Mouedine

 

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