Municipales à Paris : « Agnès Buzyn est motivée pour faire campagne », affirme Sylvain Maillard

Sylvain Maillard était l’invité ce matin de la matinale de Renaud Blanc ce lundi 17 février. Le député La République en Marche a considéré qu’Agnès Buzyn était « un excellent choix » pour remplacer à Paris Benjamin Griveaux, victime d’une possible « barbouzerie ». Il a également évoqué un rapprochement au second tour avec Cédric Villani, « logiquement un allié parce qu’il vient de notre sensibilité ».

Agnès Buzyn avait exclu vendredi toute implication dans les municipales

« C’est un excellent choix. Un choix consensuel. » Ainsi a résumé Sylvain Maillard la décision des instances de La République en Marche de désigner dimanche Agnès Buzyn candidate LREM à la mairie de Paris, en remplacement de Benjamin Griveaux, contraint à l’abandon après la publication de vidéos intimes. Un choix, qui s’est « fait rapidement ». « J’étais avec elle hier soir et on a pu mesurer l’ambition qu’elle avait ». Hier soir, l’ex-ministre de la Santé et des solidarités déclarait en point presse : « J’y vais avec cœur, avec engagement, avec sérieux. J’y vais pour gagner. » Sylvain Maillard a rejeté les critiques de l’opposition, fustigeant le départ d’Agnès Buzyn en plein débat sur la réforme des retraites et alors que la crise du coronavirus continue.

 

A lire aussi

 

Des réserves que la désormais candidate pour Paris avait elle-même formulées quelques jours plus tôt, vendredi 14 février, sur une radio nationale. « J’ai beaucoup de réformes aujourd’hui dans le ministère, avait-elle argué, estimant que son implication dans la campagne des municipales ne pouvait que « rajouter un surcroît de travail ». « J’avais dit à Benjamin Griveaux que je ne pouvais m’engager auprès de lui. » Sylvain Maillard a tenté de justifier ce revirement inattendu : « La donne a changé et là, elle est motivée pour faire campagne ». Le projet de loi sur les retraites, dont l’examen débute à l’Assemblée nationale, devait être porté par l’ancienne ministre.

 

Sylvain Maillard a déclaré que le projet municipal de LREM subirait « deux ou trois modifications »

C’est son remplaçant, le neurologue Olivier Véran, qui va reprendre le flambeau. « Je crois que cela a été une grande ministre, avec un positionnement très ferme et très affirmé » sur certains dossiers, a-t-il insisté avant de chercher à rassurer sur les compétences de son successeur. « Elle est remplacée par le rapporteur général du budget de la Sécurité sociale. Il est très professionnel [et] connait parfaitement les sujets. [Il n’y a] aucune difficulté à passer de l’un à l’autre. » Puis, il a égrainé celles qui sont, à ses yeux, les conditions de la victoire à Paris d’Agnès Buzyn, pour qui cette campagne électorale est la première. « Il y a avait plusieurs stades à dépasser. Il fallait un large rassemblement. C’est Benjamin Griveaux qui l’a fait, a affirmé Sylvain Maillard, dont le parti n’est pas parvenu à empêcher la candidature dissidente de Cédric Villani. Il fallait porter un projet ambitieux et finançable. »

 

A lire aussi

 

Certaines mesures de Benjamin Griveaux avait été critiquées durant la campagne, à cause de leur coût jugé excessif. Il avait notamment proposé de déplacer la gare de l’Est pour la transformer en Central Park parisien. Un projet « à 10 milliards d’euros » avait estimé la présidente de la Région Ile-de-France (LR) Valérie Pécresse. Sylvain Maillard, qui a assuré à notre micro qu’Agnès Buzyn reprendrait le projet de Benjamin Griveaux, a tout de même indiqué qu’il fallait s’attendre « à deux ou trois modifications ». Agnès Buzyn a un mois pour faire campagne, alors qu’une stratégie pour le second tour semble déjà se dessiner. Une entrevue a eu lieu ce week-end avec le candidat Cédric Villani et Gilles Le Gendre, le patron des députés LREM, accompagné du délégué général de La République en Marche, Stanislas Guerini.

 

Vers une alliance au second tour entre Agnès Buzyn et Cédric Villani

« La main a toujours été tendue vers Cédric Villani. Et on pense aussi au second tour. Il est logiquement un allié parce qu’il vient de notre sensibilité », a-t-il affirmé avant de rejeter l’idée que l’ancien député LREM ait pu être approché pour remplacer Benjamin Griveaux. « Il faut combattre » les dérives des réseaux sociaux, a ensuite asséné le député de la majorité, en référence à la publication de vidéos à caractère sexuel de Benjamin Griveaux par le militant russe Piotr Pavlenski. « Est-ce que c’est une barbouzerie ou autre, il faut savoir », s’est-il inquiété, assurant ne pas vouloir commenter des décisions de justice.

 

 

« Je serai candidat dans le 8e arrondissement [de Paris], derrière Sophie Segond, qui je suis sûr sera une superbe maire. », a-t-il réaffirmé pour conclure avant de repartir pour l’Assemblée nationale et les débats sur le projet de réforme des retraites. « J’ai envie de regarder l’ensemble des amendements« . Une tâche titanesque, puisque plus de 41.000 ont été déposés en quinze jours, notamment par ses collègues de La France Insoumise. « On a compris qu’ils vont faire de l’obstruction en permanence », a-t-il tout de même réalisé. C’est regrettable. L’intérêt collectif est d’améliorer le texte sur la pénibilité » notamment. Une dimension, par encore suffisamment prise en compte par la loi à l’examen pour les organisations syndicales, dont la CDFT dirigée par Laurent Berger.

 

Nicolas Gomont

 

Retrouvez les interviews politiques