Mayenne, située dans les Pays-de-La-Loire, fait partie des déserts médicaux. Un phénomène loin d’être isolé, puisqu’en France, 87% du territoire est touché par la pénurie de médecins, et que 6 millions de personnes n’ont pas de médecin traitant.
En campagne pour sa réélection, le maire PS de Mayenne, Jean-Pierre Le Scornet, préfère les rencontres chez l’habitant aux meetings. Ce soir-là, l’un de ses colistiers a réuni dans son salon un groupe d’une dizaine d’amis, de collègues et de connaissances. « Est-ce que vous avez des sujets particuliers à évoquer sur la question de l’accès aux soins ? », interroge l’élu. Les témoignages se succèdent, révélant l’ampleur du problème. « On habite en Mayenne depuis plus de 20 ans, et notre médecin est à Andouillé. Je trouve ça dommage : une ville de plus de 12 000 habitants, et il faut faire la route pour aller chez le médecin », déplore un habitant.
Une autre habitante enchaîne : « Après, tu dois faire des radios, des échos… Pour tout ça, à l’hôpital de Mayenne, dans l’année, c’est foutu. Tu appelles Laval, il faut rappeler au mois de juin. » Un couple récemment installé confirme : « Nous, ça fait un an et demi qu’on est là. On est sur liste d’attente à Mayenne. Trouver un médecin traitant de proximité, c’est impossible. »
Le maire de Mayenne Jean-Pierre Le Scornet défend son bilan
Jean-Pierre Le Scornet, également président de la communauté de communes, défend son action. L’année dernière, un centre de santé a ouvert, rappelle-t-il. La collectivité paie aussi les charges du pôle santé de Mayenne, qui regroupe une centaine de professionnels. C’est là qu’exerce le docteur Luc Duquesnel : « J’ai 1 700 patients, alors que la moyenne nationale est de 1 100. Je suis donc déjà nettement au-dessus, tout en travaillant à mi-temps, parce que je fais aussi des gardes de régulation pour le Centre 15. » Connu comme le loup blanc à Mayenne, il est aussi le président de la branche des généralistes à la Confédération des Syndicats Médicaux Français.
« Ça fait deux ans que je pourrais prendre ma retraite, j’ai 69 ans. Tant que mon état de santé le permet – et je suis en pleine forme –, je continue à travailler parce que j’adore mon métier. En plus, je culpabiliserais de partir. Sur le pôle de santé, on a encore perdu quatre médecins généralistes l’an dernier », confie le Dr Duquesnel. Mais une lueur d’espoir pointe : « Notre grosse attente sur notre territoire, c’est qu’on va accueillir neuf docteurs juniors à partir du 1er novembre. »
Le pari des docteurs juniors
Pour valider leur quatrième année d’internat, ces docteurs juniors vont venir en renfort pendant six mois à un an, voire plus longtemps, espère Luc Duquesnel. « On va les accompagner, on va les cocooner pour leur créer des conditions de vie agréables et conviviales. On va trouver un travail pour le conjoint, on met à disposition aussi éventuellement des voitures électriques. »
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Leur installation est entièrement prise en charge, explique le maire Jean-Pierre Le Scornet : « On leur paie le loyer, à la fois du cabinet et de leur hébergement. On a évalué le coût à 50 000 euros par an, plus, je pense, entre 25 000 et 30 000 euros le coût de l’hébergement. Ça représente évidemment un investissement important. S’il faut qu’on baisse la voilure sur d’autres sujets, on le fera. De toute façon, il n’y a pas le choix. » Sans compter ce nouvel investissement, l’élu rappelle que le budget santé de la communauté de communes est passé en six ans de 280 000 à 700 000 euros.
Laurie-Anne Toulemont
Liste des candidats à Mayenne :
Jean-Pierre Le Scornet, PS
Adrien Mottais, conseiller municipal d’opposition UDI, qui présente une liste Sans étiquette
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