Législatives : « Nous sommes horrifiés par ce qui se passe en France », 500 personnalités du classique se mobilisent contre l’extrême droite

C’est une parole rare dans le milieu feutré de la musique classique. Dans une tribune publiée par nos confrères de Télérama, des cantatrices, des chefs d’orchestre et des musiciens de renoms expriment leur « profonde inquiétude face au risque de voir le Rassemblement national accéder au pouvoir ».

Le célèbre violoniste David Grimal fait partie des signataires, il estime que les artistes, « par essence », redoutent forcément l’arrivée au pouvoir du « fascisme ». « Nous sommes tous horrifiés par ce qui se passe en France », assure-t-il, alors que le RN est arrivé largement en tête du 1er tour des législatives.

C’est d’autant plus un « cauchemar », poursuit-t-il, qu’être musicien, c’est avant tout être « un humaniste, dans l’amour de l’autre » soulignant « l’ouverture » des artistes classiques qui voyagent dans le monde entier. David Grimal déplore toutefois que leur voix ne compte plus, pointant l’effondrement de l’enseignement global, mais aussi précisément celui de la musique et des arts dans les écoles. « Nous ne sommes pas audibles par ces Français et ces Françaises qui se sentent exclus ».

« Un métier de partage, d’ouverture à l’autre »

Une parole des artistes qui a pu être portée par le passé, c’est ce qu’a rappelé de son côté Alexandre Tharaud, également signataire de la tribune, et invité de la matinale de Radio Classique ce 2 juillet à l’occasion des prochains concerts anniversaires de notre station. « Quand Jean-Marie Le Pen était arrivé au second tour, la France était dehors et les artistes en première ligne ». Il juge légitime pour les artistes de porter cette parole encore aujourd’hui « quand [ils ont] des convictions ».

Le pianiste Tanguy de Williencourt, signataire lui-aussi, assume parfaitement cette prise de position : « j’ai la chance de travailler à l’Opéra de Paris avec des musiciens, des chanteurs, des metteurs en scène de toutes origines, religions, d’une diversité tellement enrichissante et fabuleuse ! » . Il rejoint David Grimal dans son analyse : « nous faisons un métier de partage, d’ouverture à l’autre ».

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Face un langage de la musique « universel », impossible de rejoindre les idées du Rassemblement national, analyse-t-il. D’autant que tous les compositeurs se sont inspirés des autres cultures pour imprégner leurs propres oeuvres : « Beethoven était le compositeur de la fraternité, de l’union des peuples ». Sa 9ème symphonie qui met en musique « L’Ode à la joie » de Schiller a été en effet choisie pour être l’hymne européen. Tanguy de Williencourt invoque « la cohérence nécessaire lorsque l’on fait de la musique ».

L’interview d’Alexandre Tharaud dans la matinale:

 

L’interview de David Grimal (propos recueillis par Laurie-Anne Toulemont) : 

L’interview de Tanguy de Williencourt (propos recueillis par Laurie-Anne Toulemont) : 

 

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