« Il y a quelque chose de clanique chez les Le Pen » estime Christophe Bourseiller

UGO AMEZ/SIPA

L’année 2025 aura été marquée par de nouveaux rebondissements dans la famille Le Pen. Entre la disparition de Jean-Marie Le Pen, et la condamnation de Marine Le Pen à quatre ans de prison et cinq ans d’inéligibilité pour détournement de fonds publics, la saga familiale continue d’agiter la scène politique française. Invité de la matinale, Christophe Bourseiller, historien, comédien et auteur de Les Le Pen : une famille française (Perrin), analyse ce phénomène politique atypique.

« Pour quelqu’un qui comme moi observe les extrêmes depuis de nombreuses années, c’est un cas d’école particulièrement fascinant », souligne Christophe Bourseiller. Au-delà de leur poids électoral, les Le Pen forment une véritable entité politique, « viscérale et clanique », où vie privée et vie publique s’entremêlent en permanence. L’historien rappelle les nombreux épisodes qui ont nourri cette dramaturgie : Jean-Marie Le Pen, le plus jeune député de France en 1956 ; Marion Maréchal, la plus jeune élue en 2012 ; le divorce retentissant de Jean-Marie et Pierrette, ponctué par une séance de photos dans le magazine Lui ; l’exclusion du patriarche du parti par sa fille Marine en 2015… Autant d’événements qui relèvent autant de la chronique familiale que de l’histoire politique nationale.

Christophe Bourseiller parle même de « dérive monégasque » pour qualifier le fonctionnement du Front national (FN), devenu Rassemblement national (RN). Il considère que le parti est tellement ancré dans le schéma familial qu’il est presque impossible de progresser sans appartenir au clan Le Pen : « si on n’est pas un Le Pen, on n’a pas d’espoir de progresser dans l’organigramme. » Cette logique dynastique illustrerait la singularité d’un mouvement façonné par une famille autant que par une idéologie.

Le RN, un choix social coûteux

Si Marine Le Pen a su se démarquer en évitant les « dérapages » de son père, elle reste malgré tout marquée par son héritage. « Jean-Marie était d’un racisme viscéral et d’un antisémite viscéral, qui n’étaient pas cadrés. Ce n’était pas comme les militants néo-nazis qui ont un discours théorique raciste. Lui, non, c’était du racisme instinctif », raconte l’invité de David Abiker. Alors que la présidente du RN n’a jamais répondu à ses demandes d’entretien, il indique : « J’ai écrit ce livre sans elle, c’est peut-être une liberté supplémentaire puisque c’est une biographie non autorisée et c’est encore mieux. »

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Au-delà de la famille Le Pen, Christophe Bourseiller a longuement interrogé les militants et sympathisants du RN. Ce qui l’a frappé : le « coût social » de cet engagement. Selon lui, « lorsque vous devenez pro-RN, vous perdez vos amis, parfois votre emploi, et je trouve cela intéressant. Mais pourquoi l’afficher publiquement ? »

Daphnée Cataldo

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