Pierre Boulez

Né à Montbrison le 26 mars 1925, celui qui allait apporter une contribution décisive à l’évolution de la musique du XXe siècle et inspirer des générations de jeunes musiciens avec son esprit de pionnier, a étudié les mathématiques avant de se tourner définitivement vers la musique. Inscrit fin 1944 au Conservatoire de Paris, il a pour professeur Olivier Messiaen (harmonie), puis découvre les techniques sérielles auprès de René Leibowitz. Dix ans plus tard, il fonde avec le soutien de Madeleine Renaud et Jean-Louis Barrault le Domaine musical, consacré à la Nouvelle Ecole de Vienne et aux divers courants de la musique contemporaine. Tandis que Boulez s’affirme comme compositeur (Le Marteau sans maître), il commence à diriger dans d’autres foyers de la modernité (Baden-Baden, Darmstadt et Bâle), attire l’attention à Salzbourg (1962) et Paris (première de Wozzeck et Sacre du printemps mémorables en 1963) puis faits ses débuts au Festival de Bayreuth en 1966 avec Parsifal (enregistré sur le vif quatre ans après par Deutsche Grammophon) où il donnera la fameuse « Tétralogie du centenaire » de 1976 à 1980.

Entre-temps, l’extrême précision et la recherche de perfection objective de son style de direction lui ont valu d’être nommé « principal chef invité » de l’un des meilleurs orchestres américains (Cleveland, encore sous la férule de George Szell) puis dans les années 70 Directeur musical du Symphonique de la BBC (où il croise notamment l’un des disciples de Mahler, Otto Klemperer) et du Philharmonique de New York. Il revient à Paris en 1977 pour se consacrer à la direction de l’IRCAM créé à son intention par la France jusqu’à sa démission quinze ans plus tard, tout en conservant la présidence de l’orchestre qui y est lié, l’excellent Ensemble InterContemporain. En 1989, il a signé un contrat d’exclusivité avec Deutsche Grammophon qui lui permet de réenregistrer dans des conditions optimales son répertoire de prédilection – Debussy, Ravel, Stravinski, Bartók, Schönberg, Webern, Ligeti… et lui-même – élargi à d’autres compositeurs, tels Richard Strauss, Janácěk, Bruckner (Symphonie n°8 à Vienne) et Mahler dont il réalise patiemment une intégrale destinée à faire date. Couvert d’honneurs, y compris une exposition lui étant consacré au Louvre en 2008-2009, il a dirigé en 1995 le concert inaugural de la Cité de la Musique (dont il est cofondateur) et est devenu principal chef invité du Symphonique de Chicago.

Francis Drésel, directeur de la programmation musicale de Radio Classique