BERNSTEIN Leonard – biographie

(1918 - 1990) Chef d'orchestre

Pianiste, chef d’orchestre et compositeur, Bernstein a tous les talents. Il a aussi celui de rendre populaire la musique classique, et inversement. Si West Side Story est son œuvre la plus célèbre, il a aussi composé beaucoup d’œuvres orchestrales, dont trois symphonies, de la musique chorale et vocale, et de la musique de chambre.

 

Leonard Bernstein en 10 dates :

  • 1918 : Naissance à Lawrence (Massachusetts)
  • 1937 : Trio avec piano (composition et création à Harvard)
  • 1942 : Jeremiah (composition)
  • 1944 : On The Town (création)
  • 1956 : Candide (création)
  • 1957 : West Side Story (création)
  • 1958 : Nommé directeur musical de l’Orchestre philharmonique de New York
  • 1965 : Chichester Psalms (création)
  • 1971 : Mass (création)
  • 1990 : Mort à New York

 

D’origine juive ukrainienne, sa famille s’installe aux Etats-Unis pour fuir la révolution russe

Immigrée aux Etats-Unis, la famille Bernstein a fui la révolution russe de 1917. Son père ouvre à Boston un salon de coiffure qu’il fera prospérer. La musique n’est guère présente dans la famille, mais le jeune Louis (son vrai prénom) se révèle doué pour le piano. Il poursuit ses études à Harvard, où il compose un Trio avec piano, et à l’Institut de musique Curtis de Philadelphie. Ayant reçu dès l’enfance un enseignement hébraïque, il restera fidèle à ses origines et s’engagera pour la création de l’Etat d’Israël, pour la liberté et les droits de l’homme.

 

Compositeur, Bernstein écrit trois symphonies qui sont bien reçues par le public

Il compose en 1942 sa première symphonie, Jeremiah, inspirée du texte biblique des Lamentations du prophète Jérémie. La création a lieu en janvier 1944 à Pittsburgh. L’oeuvre est reprise à Boston puis deux mois après à New York. Le succès est immédiat et les radios rediffusent les concerts. En 1949, The Age of anxiety pour piano et orchestre est inspirée du poète W.H. Auden. Créée à Boston, elle sera donner à New York en 1965 dans une version révisée. La Troisième symphonie « Kaddish », dédiée à la mémoire de John Kennedy, est créée en décembre 1963 à Tel Aviv, et révisée en 1977.

 

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Si West Side Story est un succès immédiat, Candide a connu l’échec lors de la première

En moins d’un an, deux opéras d’un nouveau genre sont créés par Bernstein à New York. Le premier en décembre 1956 est un échec, le second en septembre 1957 un formidable succès. Candide est inspiré du conte de Voltaire, West Side Story de Roméo et Juliette de Shakespeare. Les livrets, écrits à plusieurs, ont en commun le jeune Stephen Sondheim qui deviendra l’auteur à succès de beaucoup de comédies musicales. L’échec de Candide à la création entraînera la refonte de plusieurs versions jusqu’à une quatrième et dernière en 1988. Le succès de West Side Story doit beaucoup à Arthur Laurents, principal librettiste, et au chorégraphe Jérôme Robbins avec lequel Bernstein avait déjà collaboré sur la comédie musicale On The Town, et qui co-réalisera le film avec Robert Wise en 1961. Carol Lawrence a créé le rôle de Maria à Broadway, avant que Natalie Wood l’interprète au cinéma. D’autres opéras seront créés par Bernstein, dont A quiet place en 1983, mal accueilli par la critique mais qui sera révisé et finalement bien reçu à New York.

 

Au-delà de la scène, Bernstein compose aussi des œuvres religieuses

En 1965 est créée Chichester Psalms, une œuvre chorale commandée par la cathédrale anglaise de Chichester pour son festival de l’été 1965. Elle s’appuie sur trois psaumes de la Bible hébraïque et témoigne de la foi du compositeur au moment où il traverse pourtant une période de doute et de détresse. En 1971 Mass est créée à Washington pour l’ouverture du Kennedy Center, un oratorio très iconoclaste qui déconcerte la critique mais sera repris dans le monde entier.

 

Bernstein mène une carrière mondiale de chef d’orchestre en parallèle de ses activités de compositeur

De 1940 où il est l’assistant de Koussevitsky à Tanglewood, à sa mort en 1990, Bernstein dirige à peu près tous les grands orchestres, notamment en Europe. De Bach aux contemporains, son répertoire est des plus variés. Sa notoriété démarre par un coup d’éclat : un soir de novembre 1943 il remplace Bruno Walter à Carnegie Hall pour un concert radiodiffusé et le lendemain il fait la une des magazines. De 1958 à 1969 il est directeur musical de l’Orchestre philharmonique de New York, poste prestigieux qui fut occupé par Mahler et Toscanini. Excellent pianiste, il lui arrive souvent de jouer des concertos en dirigeant du piano.

2ème mouvement de la Symphonie n°7 de Beethoven
 

Homme de communication, Bernstein intervient régulièrement à la télévision américaine

Dès les années 1950 il intervient dans des programmes télévisés en direction de la jeunesse. Et pendant dix ans de 1962 à 1972 il présente sur CBS l’émission The Young People’s Concerts, en direct du Lincoln Center devant un public très jeune, captivé par ses explications et interprétations des grandes œuvres classiques. C’est un pédagogue exceptionnel qui s’est emparé de la télévision pour toucher le plus large public et plus particulièrement la jeunesse. Un exemple qu’aucun autre musicien n’a pu suivre et réussir à ce point.

 

Jusqu’à la fin de sa vie, Bernstein fera preuve d’une activité débordante

Le 13 décembre 1989 il est à Londres pour diriger Candide en version de concert avec June Anderson. Le 25 décembre il dirige à Berlin la Neuvième Symphonie de Beethoven, pour la chute du mur. On le voit vieilli, fatigué, presque épuisé sur les images tournées ce jour là, face à des musiciens venus de différents orchestres. En juillet 1990 il est au Japon pour la création d’un festival de musique, en août à Boston pour son dernier concert, enfin en octobre à New York… pour y mourir.

 

 

Si Bernstein est toujours acclamé comme chef d’orchestre, son œuvre reste en partie méconnue

Si l’homme Bernstein garde son aura, son œuvre est loin d’être connue comme elle le mériterait. Son éclectisme et ses sources d’inspiration en seraient-ils la cause ? West Side Story reste bien sûr en haut de l’affiche, mais ses symphonies et ses œuvres religieuses sont encore peu diffusées. Une simple question de temps ?

 

Philippe Hussenot

 

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