Un chant de Noël jugé trop religieux en Californie

Au nom d’une laïcité, plus ou moins respectée aux États-Unis, une école californienne a demandé à une jeune élève de ne pas interpréter une chanson traditionnelle de Noël en raison de ses paroles jugées « trop religieuses », avant de changer d’avis sous la pression de la maman de la jeune fille.

Une chanson considérée comme « un hymne chrétien »

 

« Joy to the world » (mis en musique par Lowell Mason et inspirée par une mélodie de Haendel), c’est le morceau traditionnel que souhaitait interpréter Brooklyn Benzel à l’occasion des fêtes de fin d’année dans l’école californienne de South Sutter Charter à Placerville. Une chanson à connotation religieuse chrétienne mais pas plus que « douce nuit, sainte nuit » chantée fréquemment elle aussi aux États-Unis en cette période. Las, la conseillère d’éducation de l’école a averti la jeune fille de 13 ans qu’elle ne pourrait pas jouer ce morceau jugé « trop religieux ». Justifiant sa décision au motif que dans la chanson « il y a des paroles qui peuvent être considérées comme religieuses, telles que « sauveur et ciel ». Elle est considérée comme un hymne chrétien et est généralement chantée au moment de Noël pour célébrer la naissance de Jésus-Christ ». Précisant que l’auteur anglais des paroles au 18siècle, Isaac Watts, était un théologien et prédicateur chrétien. Il a même été suggéré à Brooklyn de jouer à la place « Jingle bells », décrit comme « plus culturel et qui ne sera pas interprété comme un chant religieux« . Le plus étonnant c’est qu’il n’était pas question que la jeune fille chante « Joy to the world », mais joue uniquement la chanson au piano.

L’école cède face à la détermination de la maman

Choquée par la décision de l’école et touchée par la déception de sa fille, Julianne Benzel, professeure d’histoire et candidate républicaine dans la 4ecirconscription de Californie, a multiplié les échanges avec les responsables de l’école, inflexibles jusqu’à ce qu’elle fasse part de sa détermination dans un post sur Facebook dans lequel elle publie le message de justification reçu de l’école et qu’elle menace de porter l’affaire devant les tribunaux en faisant appel au Pacific Justice Institute, un organisme de défense juridique, qui poursuit déjà l’école South Sutter Charter pour une affaire similaire mettant en cause un professeur de piano. Face à cette menace, la direction a fini par céder, évoquant un « malentendu », et a averti le 26 novembre Brooklyn Benzel qu’elle pourra bien jouer « Joy to the world » pour les fêtes de fin d’année.

 

Philippe Gault 

 

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