Thomas Pesquet étudiera le Blob lors de sa mission dans l’espace, cet être ni animal ni végétal

NASA Johnson/Le Bernemi

L’astronaute français Thomas Pesquet décolle aujourd’hui de Cap Canaveral, en Floride, direction la Station Spatiale Internationale. A bord de l’ISS, le Français va mener plusieurs expériences et notamment une sur le comportement du blob, cet être étrange et fascinant.

Le blob est quasi immortel, et capable d’apprendre et de transmettre à ses congénères

Le blob est présent sur Terre depuis 500 000 ans mais on a mis très longtemps à le classifier : ce n’est ni un animal, ni une plante, ni un champignon. Il est jaune vif, un peu gluant, il ressemble plus ou moins à une omelette et appartient au règne des amœbozoaires, un règne qui ne regroupe que des organismes unicellulaires. Audrey Dussutour, directrice de recherche au CNRS au centre de recherche sur la cognition animale, spécialiste en France du blob, explique qu’il peut atteindre jusqu’à 10m2. Il se déplace en rampant, à la recherche de nourriture, notamment des flocons d’avoine, sa nourriture préférée. Il n’a pas de cerveau, pas de bouche, mais il fascine par ses capacités d’apprentissage et son intelligence.

 

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Est-ce que le blob qui se déplace sur terre en 2D va prendre des formes en 3D ?

« Il est capable de trouver le chemin le plus court dans un labyrinthe, de retrouver le régime nutritionnel optimal pour sa croissance, et même d’apprendre à ignorer les substances chimiques ! Il transmet ces informations à ses congénères par fusion », poursuit Audrey Dussutour. Sans compter que le blob, appelé également Physarum polycephalum  est quasi immortel. C’est dans un état en dormance, qu’il va être envoyé dans l’ISS. Il ne part pas aujourd’hui avec Thomas Pesquet, mais avec le reste du matériel dans un cargo spatial en juillet. Thomas Pesquet qui sera chargé de le réveiller en injectant un petit peu d’eau dans les boîtes en plastique où vivront les 4 blobs. Deux seront placés dans une boîte sans nourriture, les 2 autres avec. Parmi les objectifs : regarder l’effet de l’impesanteur sur lui : est-ce que le blob qui se déplace sur terre en 2D va prendre des formes en 3D, des petits piliers, des excroissances qui partiront vers le plafond de la boîte ?  Ces contenants seront équipés d’une microcaméra qui filmera les blobs quelques secondes toutes les 10 minutes. Ces expériences seront menées en parallèle dans 2000 écoles, collèges ou lycées qui vont recevoir un kit de blobs à la rentrée prochaine. Selon le CNES, jusqu’à 100 000 élèves pourraient participer à cette mission « élève ton blob »…

Baptiste Gaborit

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