Teresa Berganza, mezzo-soprano de légende, est morte à 89 ans

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L’agence de presse espagnole Efe, informée par la famille, a annoncé que la grande mezzo-soprano espagnole Teresa Berganza est décédée à l’âge de 89 ans. La chanteuse madrilène fut l’une des plus grandes cantatrices du XXe siècle. Elle avait pris sa retraite de la scène en 2008.

Pour Karajan, Teresa Berganza était « la plus grande Carmen de toute l’histoire de l’opéra »

Née le 16 mars 1933 à Madrid, Teresa Berganza avait commencé par étudier le piano (ainsi que le violoncelle et l’orgue) puis le chant au Conservatoire de Madrid, où elle remporta le 1er prix de la discipline en 1954, un an avant de faire ses débuts sur scène dans la capitale espagnole. En 1957, elle fit ses débuts très remarqués à l’opéra au Festival d’Aix-en-Provence dans Così Fan Tutte de Wolfgang Amadeus Mozart, avant d’entamer une immense carrière sur les plus grandes scènes du monde et sous la direction des plus prestigieux chefs d’orchestre dont Herbert von Karajan qui la qualifia de «plus grande Carmen de toute l’histoire de l’opéra »

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Régulièrement invitée en France, Teresa Berganza participa, aux côtés notamment de Barbara Hendricks, Ruggero Raimondi et Placido Domingo, au concert d’inauguration de l’Opéra Bastille le 13 juillet 1989. Lors de cette soirée exceptionnelle, donnée en présence de 32 chefs d’État et de gouvernement, sous la direction de George Prêtre, la mezzo-soprano espagnole avait chanté L’Air des lettres du Werther de Jules Massenet et le final de Carmen de Georges Bizet.

Teresa Berganza: « Je n’ai jamais chanté pour moi, je l’ai toujours fait pour les autres »

Depuis l’annonce de la disparition de Teresa Berganza les hommages se sont multipliés. Sur Twitter, José Carreras dit « adieu à l’inoubliable mezzo-soprano espagnole », Placido Domingo a publié 4 photos de duos qu’il chanta avec la cantatrice avec ce commentaire: « c’était une merveilleuse chanteuse et artiste, un grand être humain et surtout une amie et collègue » et l’Opéra de Dallas rappelle qu’elle y fit ses débuts aux Etats-Unis en 1958 dans L’Italiana in Algeri de Gioachino Rossini. Contactée par Radio Classique, Karine Deshayes, qui a rencontré Teresa Berganza à plusieurs reprises, salue « une grande Rossinienne, une grande Mozartienne très aimée et respectée. Autant abordable professionnellement qu’en dehors de la scène et qui a su gérer sa carrière sans brûler les étapes ». La mezzo-soprano française souligne également combien elle avait été épatée par le talent de comédienne de la diva espagnole, notamment lorsqu’elle avait joué le rôle de Zerlina dans Don Giovanni, le film de Joseph Losey en 1979.

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Sur Facebook, la famille de Teresa Berganza précise qu’elle respectera ses dernières volontés. “Je veux partir sans faire de bruit… Pas de communication publique, pas de veillée funèbre, rien ! Je suis venu au monde et personne ne l’a su, alors je souhaite la même chose quand je partirai » avait elle indiqué. Une humilité qu’elle a toujours exprimée durant son immense carrière. Lors de ses adieux à la scène en 2008, Teresa Berganza avait ainsi déclaré : « je me suis toujours sentie très aimée. J’ai chanté pendant 55 ans, de 20 à 75 ans.(…) Je n’ai jamais chanté pour moi, je l’ai toujours fait pour les autres ».

Philippe Gault

 

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