SNCF : Jean-Pierre Farandou remplace Guillaume Pepy à la tête de l’entreprise ferroviaire

Une nouvelle ère va commencer à la SNCF. Après avoir effectué toute sa carrière dans le groupe, Jean-Pierre Farandou, un « vrai cheminot » va succéder à Guillaume Pepy au poste de président du directoire de la SNCF.

La SNCF a un nouveau patron  ?

C’est un sacré événement d’abord parce que Guillaume Pepy incarnait la SNCF. Il était le visage de cette entreprise qu’il aura dirigée pendant presque 20 ans. Aucun des 16 patrons du rail tricolore n’était resté aussi longtemps. Il va être remplacé par Jean-Pierre Farandou, un vrai cheminot puisqu’il a commencé en 1981 comme chef de gare à Rodez et qu’il dirige aujourd’hui Keolis, une filiale de la SNCF qui est spécialisée dans les transports publics comme les bus, les tramways mais aussi les trains hors de France. Il a 62 ans. Il ne fera donc qu’un seul mandat mais il connaît déjà très bien le secteur. C’est un pro. Un peu comme Ben Smith, le canadien arrivé à la tête d’Air France KLM l’an dernier.

 

Quels seront les défis du nouveau patron de la SNCF ?

Il va prendre les commandes à un moment très particulier de l’histoire de l’entreprise. D’abord parce que d’ici un peu plus d’un an la SNCF va basculer dans un monde beaucoup plus concurrentiel. Sur le TGV mais aussi sur les TER, il n’y aura plus de monopole et comme la SNCF n’a pas toujours une image parfaite auprès des clients ou des régions qui subventionnent massivement les transports, la concurrence sera rude. Le deuxième défi, c’est que justement pour s’armer pour affronter la concurrence, la SNCF se réorganise en profondeur et est en train d’écrire un nouveau cadre social avec ses 125.000 cheminots. Les nouveaux embauchés n’auront plus le fameux statut. C’est une révolution dans une entreprise de culture service public qui va devoir apprendre à être plus flexible, polyvalente et réactive.

 

Du coup vous êtes confiant ?

A mon avis l’autre risque est politique. Pendant longtemps, la SNCF a été gérée comme une administration. Le patron de la SNCF était sans arrêt soumis aux injonctions contradictoires de l’Etat qui lui disait on veut plus de train dans plus de petites gares mais on veut que le groupe perde moins d’argent. On veut des économies, de la productivité mais pas de grève. Dans un monde en concurrence, ça sera plus dur. Et le nouveau patron de la SNCF devra parfois résister aux pressions de l’Etat actionnaire.

 

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