Renault mise sur l’électrique : un pari forcément gagnant ?

Jakob Härter/Flickr

Renault compte miser sur la voiture électrique. Alors qu’on pense souvent à Tesla, et depuis quelques temps à Volkswagen -qui a mis les moyens pour lancer de nouveaux modèles électriques et pour le faire savoir- on oublie un peu vite Renault.

Renault va investir 10 milliards d’euros dans l’électrique

La firme au Losange a décidé de prendre la parole et hier son nouveau patron, Luca de Meo, a affiché ses ambitions. D’ici 2025, il veut mettre au point 7 nouveaux véhicules électriques et d’ici 2030, il espère que 90% de ses modèles seront 100% électriques. Renault va investir 10 milliards d’euros dans cette nouvelle motorisation dans les 5 prochaines années et l’objectif n’est pas d’être le plus gros, mais d’être malin et de s’affirmer comme le champion de la voiture électrique populaire de Monsieur et Madame Tout-le-monde.

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Il ne faut pas l’oublier, mais en fait, Renault est un pionnier de l’électrique. Cela fait dix ans qu’ils investissent dans ce segment. On peut lui reprocher d’être parti un peu trop tôt, à un moment ou la technologie n’était pas encore totalement mature et où la demande était encore faible, à l’image de la pression réglementaire de l’époque. Tesla, qui a fait le pari de l’électrique haut de gamme a sans doute été plus visionnaire que Renault, qui a misé sur la Zoé et l’entrée de gamme. Cependant, le constructeur ne part pas de zéro.

Nissan, un allié dans les batteries pour Renault

En 10 ans, le groupe a compris beaucoup de choses. Il vient de dépasser la barre des 10 milliards de kilomètres parcourus par des électriques, et il est connecté à 300.000 de ces véhicules. Cela permet à Renault de capter des data et de faire fructifier son expérience. Sur le plan industriel aussi, il progresse quand les autres en sont encore à leurs débuts. De ce fait, il prévoit que la future R5 électrique qui sortira en 2024 coûtera 33% de moins à fabriquer que la Zoé d’aujourd’hui, ce qui est énorme.

 

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Renault ne va pas écraser toute la concurrence, mais il ne faut pas enterrer le Losange. Dans l’automobile, les rebonds peuvent être rapides. Aujourd’hui la firme souffre, mais elle a un plan et n’est pas seule. Elle a son allié Nissan et donc un allié dans les batteries. Même si ça n’était pas le choix économique le plus rationnel à court terme, la bonne nouvelle est que le pari électrique de Renault est aussi un pari du made in France. Si le pari paye, l’emploi en France en profitera.

David Barroux

 

 

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