Qui est Luca de Meo, l’homme qui dirige désormais Renault ?

Luca de Meo est ce qu’on appelle un « car guy », un vrai gars de l’auto. C’est de l’essence qui coule dans ses veines puisqu’il n’a travaillé que dans une seule industrie : la voiture, chez de nombreux constructeurs. Il a commencé au début des années 90 chez Renault en Italie. Il a ensuite travaillé pour Toyota, pour Fiat et pour le groupe Volkswagen et en particulier pour Seat, puisqu’il dirigeait la marque espagnole du groupe allemand depuis 4 ans avant d’arriver chez Renault.

 

La relance de la Fiat 500 en 2007 est attribuée à Luca de Meo

 

On peut mettre en avant deux particularités en ce qui concerne Luca de Meo. Dans l’automobile, ce sont souvent les ingénieurs qui dirigent, lui est un commercial, un spécialiste du marketing. Et il est Italien. Ce qui fait qu’il sera le premier étranger à diriger l’ex Régie Renault. Il a très bonne réputation. On le crédite du succès de la relance de la Fiat 500 en 2007. C’est la voiture qui a sauvé Fiat.

 

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Il a aussi réussi la relance de Seat. Avant lui on voyait ce constructeur espagnol comme une marque low-cost un peu plus chère que Dacia. On voyait ses modèles comme des sous-Volkswagen, lui a rajeuni l’image de Seat. C’est cette expertise marketing qui a convaincu Renault parce c’est vrai que le groupe souffre d’un problème d’attractivité de sa gamme. Ils sont distancés dans le haut de gamme même par un Peugeot. Sur le moyen de gamme, leurs produits ne séduisent pas assez et du coup les marges sont limitées.

 

Luca de Meo va gérer Renault, un groupe qui emploie 180 000 salariés et vend 4 millions de voitures par an

Renault est devenu trop dépendant des petites voitures comme Clio, Twingo et de sa gamme Entry, comme son Duster. Il faut revoir l’offre et le design et c’est sur ce terrain que de Meo est attendu. Le redressement de Renault ne dépend pas que de lui. Déjà il va lui falloir un peu de temps car les cycles sont longs dans l’industrie auto. Ensuite, il va profiter du programme de baisse de coûts qui a été annoncé mais qui ne va pas être opérationnel tout de suite. Pareil pour le partenariat avec Nissan.

 

 

Les relations se sont apaisées mais on attend encore que des décisions concrètes payent. Surtout, il prend le volant à un moment très compliqué sur le plan de la conjoncture. Ça ne va pas aider. La mission qui l’attend est donc difficile et il va devoir faire la preuve qu’il peut franchir une marche. Seat c’est une belle marque mais c’est un petit constructeur, filiale d’un grand groupe plein d’expertise. Volkwsagen ne sera plus là pour l’aider et il va devoir gérer 12 fois plus de personnel (180.000 vs 15.000 salariés) et un groupe véritablement mondial qui vend 4 millions de voitures par an contre 60.000 essentiellement en Europe. Luca de Meo a le bon profil mais il vient de rentrer dans la cour des grands avec le vent de face.

 

David Barroux