Pesticides : Les zones urbaines ne sont pas épargnées

Le Congrès Mondial de la Nature sera organisé par l’Union Internationale pour la conservation de la nature (UICN) en septembre 2021 à Marseille. Un des sujets du congrès : les pesticides, enjeu majeur, y compris dans les zones non-agricoles.

Espaces verts publics, cimetières, terrains de sport, jardins des copropriétés … Tout ces lieux sont concernés par les pesticides

Il y a 10 ans l’association Noé a lancé le programme Jardins de Noé pour accompagner particuliers, collectivités et entreprises vers le zéro pesticides et zéro produits phytosanitaires. Des dizaines de millions d’hectares sont concernés en France, et il existe déjà quelques exemples de bonne gestion d’après Mathilde Planchat-Levêque, en charge du programme : « la ville de Valence profite notamment d’une belle notoriété qui est justifiée puisque les terrains de sport sont en zéro pesticides depuis 2009 (…) C’est la preuve que c’est faisable ».

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Grâce à la loi Labbé, les pesticides de synthèse sont interdits dans les espaces verts publics depuis 2017, dans les jardins des particuliers depuis 2019 mais encore autorisés sur les terrains de sport. L’association accompagne désormais 4.400 collectivités ou entreprises, comme RTE depuis 4 ans, le gestionnaire du réseau électrique en France. L’entreprise est passé au zéro phyto et à une gestion écologique des espaces verts sur ses sites tertiaires avec, par exemple, la mise en place de prairies fleuries à la place des pelouses. RTE s’est par ailleurs fixé comme objectif 65% des postes électriques en zéro phyto l’an prochain et 100% en 2025. L’objectif : se reconnecter à la biodiversité ordinaire.

 

Les « pollutions diverses » sont responsables de 11% de la perte de biodiversité

Les pesticides sont en partie responsables de la perte de biodiversité observée un peu partout dans le monde. Et c’est pour cela que l’UICN, qui regroupe 150 états membres de l’ONU, des ONG, des scientifiques, a adopté en novembre dernier une recommandation pour généraliser les alternatives aux pesticides.

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Florence Clap, responsable du programme politique de la biodiversité au comité français de l’UICN, espère que cette recommandation aura un écho important : « Les pollutions diverses, dont fait partie l’usage des pesticides, sont une des pressions majeures sur la biodiversité (…) elles sont responsables à 11% de la perte de la biodiversité dans les écosystèmes terrestres et 17% en milieu marin (…) Cette recommandation internationale est aussi un signal fort envoyé aux Etats pour agir dans le cadre de la prochaine conférence de l’ONU sur la biodiversité ». Cette conférence de l’ONU sur la biodiversité, l’équivalent des COP climat, se tiendra quelques semaines après le congrès de l’UICN et doit permettre à la communauté internationale de se fixer de nouveaux objectifs pour la biodiversité d’ici 2030.

Baptiste Gaborit

 

 

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