Maltraitance et abus de pouvoir : L’école de danse Rudra Béjart suspend ses cours

©Gustave Deghilage/Flickr

La prestigieuse école de danse Rudra Béjart, fondée par Maurice Béjart en Suisse, suspend ses cours pour la prochaine saison après un audit révélant de « graves manquements » qui ont conduit au renvoi du directeur, Michel Gascard et de son épouse, Valérie Lacaze, régisseuse de l’école.

Un professeur évoque des faits dignes d’un « lynchage, comme au Moyen-âge »

En février dernier, le Conseil de Fondation du Béjart Ballet Lausanne, qui chapeaute l’école de danse, « a pris connaissance d’éléments préoccupants mettant en cause la direction de l’École-atelier Rudra Béjart Lausanne, l’obligeant à réagir immédiatement », selon un communiqué, qui souligne que la fondation n’entrerait pas dans les détails de l’audit qu’elle a commandité en février. Mais la Fondation a néanmoins précisé que les auteurs du rapport avaient constaté « un certain nombre de faits et comportements révélant de graves manquements de la part de la direction », menant le Conseil à résilier le contrat du directeur, Michel Gascard et de son épouse Valérie Lacaze, également régisseuse de l’école.

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L’école de danse fondée en 1992 par Maurice Béjart, forme une quarantaine d’élèves âgés de 16 à 20 ans et venus du monde entier. La chaîne publique helvétique RTS, qui a recueilli des témoignages d’élèves ainsi que de la présidente de la Fondation, Solange Peters, affirme que l’audit a révélé des « abus de pouvoir, du népotisme et de graves dysfonctionnements pédagogiques ». « Par exemple, l’une des élèves a décrit une situation où elle s’est trouvée au milieu d’un cercle d’élèves et de professeurs, humiliée et rabaissée », a expliqué Mme Peters à la RTS. Un professeur cité dans le rapport compare cela à « un lynchage, comme au Moyen-âge ».

Des élèves évoquent des faits de maltraitance psychologique, de tyrannie et de surentraînement

En outre, de nombreux témoignages d’élèves récoltés par la RTS, la plupart anonymes, accablent le directeur. Ils évoquent des faits de maltraitance psychologique, de tyrannie et de surentraînement, indique la chaîne sur son site internet, précisant qu’elle n’a pas pu contacter le directeur limogé. Pour sa part, le Conseil « va s’atteler au renouvellement de la direction, à la mise en place d’un cadre permettant d’assurer un enseignement dans le respect des valeurs pédagogiques qui président à sa mission et au renforcement de ses liens avec le Béjart Ballet Lausanne », précise le communiqué.

Philippe Gault (avec AFP)

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