Colombie : Le choc après l’arrestation violente d’un jeune corniste pendant les manifestations à Cali

Alors que des mouvements de protestation secouent la Colombie depuis plus d’un mois, l’arrestation violente vendredi d’Álvaro Herrera Melo, jeune corniste et étudiant en musique à Cali, a fait le buzz sur les réseaux sociaux et suscité indignation et colère à travers le pays.

Selon les proches du jeune musicien, des aveux orientés lui ont été arrachés sous la menace et la torture

Vendredi à Cali, Álvaro Herrera Melo, 25 ans, participait en fin d’après-midi à un cacerolazo sinfónico (concert de casseroles symphonique) organisé devant l’université Del Valle pour marquer le premier mois de manifestations qui secouent la Colombie depuis le 28 avril. Au bout de quelques minutes le jeune corniste interpellé, ainsi que 8 autres personnes présentes, violemment par les forces de l’ordre comme le montre une vidéo dans laquelle on le voit le visage ensanglanté et les menottes au poignet.

A lire aussi

 

Dans la même vidéo, diffusée sur les réseaux sociaux, interrogé par un policier, le jeune homme avoue qu’il fait partie d’un groupe d’ultras qui ont commis des actes de vandalisme et même que ce sont ses « complices  » qui ont provoqué ses blessures. Des aveux que les proches d’Álvaro Herrera Melo et ses défenseurs disent qu’ils ont été obtenus sous la contrainte voire la violence et la torture. Samedi, les jeunes gens interpellés la veille ont été présentés à un juge à Cali qui a prononcé leur relaxe, déclarant les conditions de leur arrestation illégale, même si une enquête de police sur cet événement a été lancée.

Le mouvement de contestation a fait plus de 60 morts depuis un mois en Colombie

Álvaro Herrera Melo est entré en 2014 à l’école de musique de l’Université Del Valle où il a étudié le cor pendant 3 années. Membre de l’orchestre symphonique de cette université, il a remporté plusieurs prix dans sa spécialité. Le mouvement de protestation a démarré fin avril en Colombie et vise le projet de réforme fiscale, pourtant vite abandonné, que souhaitait imposer le président Ivan Duque. À ce jour, le répression des manifestations a fait plus de 60 morts, des milliers de blessés et 123 personnes sont portées disparues. Depuis la fin de la semaine dernière, Cali, 3ville du pays, est devenu le principal foyer de contestation. 13 personnes y ont été tuées, dont 8 par balles, et l’armée a été déployée dans la ville depuis samedi.

Philippe Gault

Retrouvez l’actualité du Classique