Pénurie mondiale de containers : un casse-tête pour les entreprises

Le container est un objet très simple mais qui a révolutionné le commerce. C’est une boîte dont la taille a été standardisée il y a 50 ans et cette standardisation a tout changé.

Le container, avec son format standard, a permis la mondialisation

Jusqu’à l’apparition des containers, le commerce se faisait en vrac, il fallait remplir des sacs, des fonds de cales. C’était long et surtout à chaque rupture de charge, à chaque transvasement, en passant d’un camion à un bateau ou un train, on perdait un temps considérable. Avec le container standard, tout a changé. Les boîtes s’empilent et elles peuvent passer d’un porte-conteneurs à un camion avec une simple grue. C’est ça qui a permis la mondialisation.

 

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Le container rendait possible de produire dans un pays et de vendre dans un autre tout en étant compétitif. Pourquoi est-ce qu’il en manque aujourd’hui ? C’est un problème conjoncturel. L’an dernier on a eu l’arrêt de la Chine, l’usine du monde, en raison de la crise du coronavirus. Ensuite on a eu le confinement et des fermetures d’usines, puis le redémarrage du commerce et de la production.

 

La Chine préfère livrer aux Etats-Unis plutôt qu’à l’Europe

La logistique aime quand tout est linéaire et prévisible. En 2020, ça a été un coup d’accordéon permanent. Les boîtes vides ne sont pas au bon endroit, on en manque en Chine, car on a beaucoup livré d’un seul coup. Cela a tout désorganisé et aujourd’hui les Chinois préfèrent utiliser les boîtes qu’ils ont pour livrer leurs produits vers les Etats-Unis parce que les tarifs sont plus élevés sur le trans-Pacifique.

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On est dans une crise conjoncturelle. Il y a 24 millions de containers dans le monde. C’est assez, ça va se réguler. Mais pour l’instant, la demande étant bien supérieure à l’offre, les prix explosent. Ils ont quintuplé en 6 mois. Et la hausse des coûts de logistiques va manger entre 4 et 7 points de marge pour beaucoup d’entreprises européennes. Si vous pouvez augmenter vos prix ou si vous avez de grosses marges, vous allez pouvoir encaisser le choc. Sinon c’est le double piège. Vous manquez de pièces ou de produits pour fabriquer ou pour vendre et quand vous vendez vous gagnez moins. Et dans le contexte actuel c’est un casse-tête de plus dont tous les patrons se seraient bien passés.

David Barroux