« Nous ne croyons plus aux coalitions entre les libéraux et les sociaux-démocrates car elles ont conduit à un affaissement de l’Europe » a déclaré Benoit Hamon, tête de liste du Printemps européen.

Benoît Hamon, tête de liste du Printemps européen et fondateur de Génération.s, était l’invité politique ce lundi 29 avril 2019 de Renaud Blanc, à 8h15. Il affirme incarner une différence qui est davantage stratégique que programmatique avec le Parti socialiste et Place publique. Il soutient qu’il faut reconstruire le clivage gauche-droite au Parlement européen et proposer une alternative à la politique libérale d’Emmanuel Macron

 

Reconstruire le clivage gauche/droite au Parlement européen : une différence « stratégique » malgré des similitudes programmatiques au sein des gauches

« Nous ne croyons plus à la coalition entre les libéraux et les sociaux-démocrates car elles ont conduit à un affaissement de l’Europe. C’est notre différence stratégique avec le Parti socialiste et Place publique » a déclaré Benoit Hamon. Le fondateur de Génération.s a reconnu que la justice fiscale et l’écologie étaient des points communs avec les autres composantes de la gauche. Il affirme que la reconstruction de la gauche passe par la réinstallation d’un clivage avec la droite au Parlement européen : « L’indifférenciation entre la gauche et la droite nuit au débat européen ». Benoit Hamon estime qu’il faut offrir aux citoyens européens des politiques alternatives à « l’austérité budgétaire, la dérégulation du marché du travail, la mise en concurrence ». C’est aussi en ces termes qu’il désigne la politique du gouvernement : « Globalement, nous avons un gouvernement et un président idéologiquement et profondément libéral ». Benoit Hamon a déclaré que l’union des gauches était nécessaire bien qu’elle soit « une lutte permanente » : « Je suis prêt à discuter mais dans un périmètre ». Le cadre de discussion qu’il souhaite fixer admet 2 bornes : rester dans l’Europe et unir les écologistes et la gauche. « L’Europe ne se joue pas aux dés. Je ne participerais pas à une discussion qui laisserait croire qu’on pourrait trouver davantage de bonheur à sortir de l’Europe qu’à y rester. »

 

 

Faire vivre la démocratie au Parlement européen en incarnant l’alternative

« Les Français, les médias et les partis politiques ne prennent pas au sérieux l’Europe » a déploré Benoit Hamon. Il estime que le Parlement européen « a un pouvoir considérable » mais celui-ci n’est pas suffisamment présent dans le débat public. « Aujourd’hui, on se désintéresse fondamentalement des enjeux politiques qu’il y a à changer de majorité au Parlement. » Il conclut : « faire vivre la démocratie européenne suppose qu’on croit possible une alternative de gauche à ceux qui dirigent depuis longtemps l’Europe : les libéraux et les conservateurs. »

Baisser la TVA plutôt que l’impôt sur le revenu

« La baisse de la TVA, qui est un impôt payé par tous et injuste, aurait été plus utile aux Français qu’une baisse de l’impôt sur le revenu » a réagi Benoit Hamon en réponse aux annonces récentes du président. Il explique en effet que cette baisse d’impôt sera financée par une réduction des dépenses publiques qui engendre moins de services publics : « Je doute que ce soit profitable aux Français sur le long-terme » regrette-t-il.

 

Arthur Barbaresi

 

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