« Nous n’avons jamais caché le déficit de masques » assure Gilles Le Gendre

Gilles Le Gendre était l’invité de la matinale de Guillaume Durand mercredi 29 avril. Le président du groupe LREM à l’Assemblée a assuré que le plan de déconfinement d’Edouard Philippe était « exactement ce que le président de la République avait annoncé dans son allocution », malgré des contraintes plus strictes qu’attendues. Il a également noté les divisions, révélée hier par le vote, au sein des « grands partis de droite comme de gauche » quant à l’unité nationale qu’il appelle de ses vœux.

 

Gilles Le Gendre assure que « personne ne pouvait anticiper la gravité de l’épidémie » de coronavirus

« Imaginez que nous ayons dû procéder à des tris dans les hôpitaux, parce qu’ils n’auraient pas été capables de soigner tout le monde. Quelle aurait été notre réaction ? ». Gilles Le Gendre a justifié ce matin au micro de Guillaume Durand la nécessité du confinement mis en place depuis le 17 mars dernier, tout en reconnaissant à demi-mot qu’il a été rendu nécessaire, et dans son ampleur, à cause de « ratés », concernant les stocks de masques notamment.

 

à lire aussi

 

« Le meilleur traitement contre l’épidémie, c’est chacun d’entre nous à partir du 11 mai, par nos comportements. Nous n’avons jamais caché le fait que nous étions dans un déficit de masques au départ, dû au fait que personne ne pouvait anticiper la gravité de l’épidémie ». La présentation du plan de déconfinement par Edouard Philippe hier a été qualifiée « de moment historique » par le président du groupe LREM à l’Assemblée nationale, qui est allé à l’encontre des observateurs qui jugeaient que le déconfinement fixé au 11 mai par Emmanuel Macron était désormais a minima. « Tout le monde va vers le déconfinement, mais pas au même rythme », a-t-il nuancé.

 

 

« Il n’y a pas de cas, dans aucun pays, où un gouvernement doit prendre une décision, où il met en balance les risques d’effondrement de l’économie et la santé de ses habitants. La complexité même de ce dilemme ne peut se résoudre que par des éléments différenciés, progressifs. C’est exactement ce que le président de la République avait annoncé dans son allocution à l’Elysée. Et c’est exactement ce qu’a proposé le Premier Ministre hier », a-t-il affirmé.

 

« Il y a eu des ratés car nous n’avons pas pu y apporter toutes les bonnes réponses », a reconnu Gilles Le Gendre

Maintien de la fermeture des parcs, cinémas, théâtres, très grandes surfaces… Annulation des saisons sportives ou des festivals d’été… Gilles Le Gendre a concédé qu’avec « les moyens dont nous disposons aujourd’hui », le gouvernement ne pouvait que « rallumer petit à petit l’activité économique et sociale ». La levée des contraintes sera différenciée selon les territoires, placés en rouge ou en vert en fonction de la teneur de trois indicateurs fixés par le gouvernement. Il semble pour certains médecins que l’exécutif revient maintenant vers la stratégie de prudence du Conseil scientifique, après avoir cherché à s’en distancer.

 

à lire aussi

 

« Ce n’est pas une question de Conseil scientifique, a assuré Gilles Le Gendre. Nous établissons un certain nombre de critères pour déterminer si une zone, un département, voit ou non l’épidémie progresser. Si l’épidémie recule, nous pouvons aller plus loin dans les mesures de déconfinement. C’est d’une très grande logique, qui ramène tout au dilemme : il ne faut en aucun cas sacrifier la sécurité sanitaire des Français sur l’autel de la reprise de nos activités normales ».

 

 

Le député du 2e arrondissement de Paris a affirmé, après des errements reconnus sur la gestion des masques, que la France serait prête à en fournir suffisamment à ses 67 millions d’habitants le 11 mai. « Il y a eu des ratés car nous affrontions une crise et nous n’avons pas pu y apporter toutes les bonnes réponses au bon niveau. Fournir 100 millions de masques par semaine ne se fait pas en 1 jour ».

 

 

Gilles Le Gendre a pointé du doigt la division des Républicains sur le plan de déconfinement

« Mais le 11 mai, nous serons prêts, et pour les masques chirurgicaux, les masques « grand public » et les tests aussi. Puisque nous prévoyons de tester 700.000 personnes par semaine ». Après avoir suscité des débats sur le respect de la vie privée, l’application de traçage STOP Covid n’a finalement pas été déclarée prête hier par les autorités. Un vote pour la légaliser devait pourtant se tenir dans la foulée de la présentation du plan de déconfinement. Un député de LREM, Aurélien Taché, et plusieurs de ses collègues de l’opposition avaient fait connaitre leur désaccord avec sa mise en place.

 

à lire aussi

 

« Si un jour, il y a un vote sur l’application STOP Covid, je suis convaincu que dans son écrasante majorité, le groupe que je préside approuvera l’application. D’autant qu’ils pourront observer que si nous nous serons donner du temps, c’est pour sécuriser la chose sur le plan des libertés publiques ». Gilles Le Gendre a terminé en appelant à l’unité nationale derrière la majorité et a tenu à souligner les divisions qui existent au sein des Républicains notamment (67 abstentions, 24 contre, 11 pour) sur l’attitude à adopter vis-à-vis du plan de déconfinement.

 

 

« Le déconfinement ne marchera que si nous sommes rassemblés et unis. Ce que j’observe, c’est que les grands partis de droite comme de gauche sont extrêmement divisés entre des votes contre, des votes pour et des abstentions ». Gilles Le Gendre a laissé entendre que les députés qui n’avaient pas voté en faveur du plan du Premier Ministre avaient manqué « un moment historique », même si leur choix demeurait « respectable ».

 

Nicolas Gomont

 

Retrouvez les interviews politiques