L’Etat est « en difficulté » sur l’approvisionnement des masques, a admis Stanislas Guerini

Stanislas Guerini était l’invité de la matinale de Renaud Blanc ce vendredi 24 avril. Le délégué général de La République en Marche a indiqué que « les collectivités locales » seraient grandement impliquées dans le déconfinement. Il souhaite réduire les « fractures sociales » en mettant « la priorité sur les enfants des quartiers défavorisés ». Il a aussi estimé que les déboires de l’hôpital n’étaient dus qu’à « une question d’organisation ».

« Il est normal que la vie du pays reprenne pour des raisons sanitaires et sociales », selon Stanislas Guerini

« Il y a encore 500 morts par jour. Cette crise sanitaire est encore là ». Bien que le déconfinement soit dans toutes les esprits, Stanislas Guerini a appelé à maintenir la vigilance jusqu’au 11 mai, pour éviter tout « suicide collectif ». « Je crois que (la date) est actée. Mais les choses vont se faire très progressivement. Il ne faut pas penser qu’un jour, de façon très binaire, on va retrouver d’un coup d’un seul notre vie d’avant. C’est plutôt le coup de départ de la fin du confinement généralisé », a tâché de nuancer le délégué général de LREM.

 

à lire aussi

 

Alors que le coût pour les finances de l’Etat sera massif, Stanislas Guerini a assuré que le déconfinement n’avait pas été engagé pour des raisons économiques. « Il est normal que la vie du pays reprenne, souvent pour des raisons sanitaires et sociales », a-t-il expliqué, mettant an avant les soins différés, les « personnes âgées qui meurent de solitude » ou encore les « enfants durablement éloignés de l’école ».

 

 

Les écoles, qui rouvriront petit à petit à partir du milieu du mois prochain, mais avec des effectifs réduits en classe. De nombreux syndicats d’enseignants et de parents d’élèves ont dénoncé les difficultés à mettre en place les dispositifs nécessaires à une telle organisation.

 

Stanislas Guerini veut « mettre le paquet » sur les zones d’éducation prioritaires en vue du déconfinement

« La situation actuelle rend tangibles un certain nombre de fractures, notamment sociales. On pourra mettre la priorité sur les enfants des quartiers défavorisés pour une raison simple : nous allons redémarrer par demi-classes. Cela va permettre de mettre le paquet sur les classes que nous avions déjà dédoublées dans les zones d’éducation prioritaires », a garanti Stanislas Guerini, qui a rappelé que l’obligation de scolarité continue de s’appliquer, grâce aux cours à distance.

 

à lire aussi

 

Sur la même ligne que François Bayrou, interrogé hier au micro de Radio Classique, l’ancien membre du Parti socialiste a dit l’importance à ses yeux de s’appuyer sur les collectivités locales pour adapter le déconfinement à la réalité du terrain. « C’était normal qu’au départ, il y ait de la verticalité, un seul doigt sur l’interrupteur pour éteindre le pays. Là, nous allons le rallumer progressivement et faire confiance à l’intelligence locale, tout en fixant des doctrines sanitaires ».

 

 

Emmanuel Macron s’est d’ailleurs entretenu hier en visio-conférence avec de nombreux maires de plusieurs villes et après avoir tergiversé, a annoncé que le déconfinement ne serait pas différencié selon les régions. « Il est bien logique de consulter les premiers maillons de notre République ».

 

 

Les faiblesses du système de santé seraient seulement dues à « une question d’organisation »

« Le plan de déconfinement, on ne pourra pas l’appliquer de la même façon dans une grande métropole ou dans une commune rurale », a justifié le patron de LREM, sans être « capable de donner tous les points d’arbitrage » qui seront présentés mardi prochain. C’est à cette date, a-t-il assuré, que les Français sauront qui du maire ou du préfet devra décider d’éventuels arrêtés locaux pour raisons sanitaires. En outre, dans le sillage de la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, Stanislas Guerini a reconnu que l’Etat était « en difficulté » sur l’approvisionnement des masques.

 

à lire aussi

 

« Nous avons géré le début de cette épidémie avec une pénurie de masques et un stock initial qui n’était pas suffisant pour pouvoir faire face. Ensuite, le gouvernement fut parmi l’un des premiers gouvernements du monde à réquisitionner des masques, dès le 3 mars », a cherché à se défendre Stanislas Guerini, qui a tenté de relativiser le bilan du gouvernement en généralisant les pénuries à l’ensemble de la planète. « Tous les pays du monde ont été pris au dépourvu par cette crise », a-t-il argué. Mais plusieurs pays, dont l’Allemagne, furent en capacité de produire tests et masques en quantité suffisante.

 

 

« Cela montre que les questions sur notre système de santé ne sont pas que des questions de moyens au global, puisque nous investissons une part de notre richesse à peu près comparable avec nos voisins allemands. C’est une question d’organisation de notre système de santé ».

 

 

Nicolas Gomont

 

Retrouvez les interviews politiques