Hervé Morin souhaite la réouverture des écoles au 1er septembre

Hervé Morin était l’invité de la matinale de Guillaume Durand ce lundi 27 avril. Le président de la Région Normandie a critiqué le retour des élèves à l’école, qui reposerait sur « une contradiction fondamentale ». Pour lui, « il fallait reporter la réouverture des écoles au 1er septembre », compte tenu du manque de masques et de cars scolaires. Il s’est aussi prononcé pour la tenue d’une commission d’enquête pour évaluer les « ratés » du gouvernement.

 

Hervé Morin défend toujours l’idée d’une régionalisation du déconfinement

« On court tout bonnement à l’apocalypse dans ces secteurs ». Hervé Morin a fait part de sa vive inquiétude au micro de Guillaume Durand au sujet de la santé économique du tourisme et de la restauration. Il aurait souhaité pour eux, comme pour les écoles, que leurs réouvertures soient décidées plus près du terrain, à l’échelon des régions. Emmanuel Macron s’y est opposé la semaine passée, tout en parlant d’un déconfinement « adapté aux territoires ».

 

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« On est là aussi dans la confusion », a déploré le président de la Région Normandie, qui portait « la semaine dernière l’idée d’une régionalisation du déconfinement ; la circulation du virus n’étant pas la même d’une région à l’autre, d’ailleurs parfois d’un département à l’autre ». Hervé Morin s’est dit favorable à la réouverture avant la mi-juillet de tous les commerces, alors que le secteur du tourisme devrait, quelle que soit la date fixée, pâtir durablement du confinement. « Il n’y aura pas de touristes étrangers, les conditions économiques de la reprise seront nécessairement compliquées ».

 

 

« Le pire, c’est de ne pas permettre de rouvrir les rideaux d’un certain nombre de commerces, dont on voit bien que leur fermeture jusqu’au mois de juillet rendrait l’équation des prochains mois impossible ». Pour l’heure, toutes les boutiques pourront ouvrir leurs portes le 11 mai, à condition d’avoir pris des dispositions d’ordre sanitaire, à l’exception des bars, restaurants et cafés, dont le calendrier de réouverture sera annoncé fin mai.

 

« Il fallait plutôt reporter cette réouverture des écoles au 1er septembre », a critiqué Hervé Morin

Les écoles, elles, recommenceront à accueillir des élèves progressivement à partir du 11 mai, sur la base du volontariat. Une possibilité offerte aux parents, qui n’a pas rencontré l’approbation d’Hervé Morin ce matin. « Sur les écoles, on a d’abord une contradiction fondamentale. Le président de la République évoque le retour à l’école, notamment pour tous les enfants déscolarisés. Et puis, on apprend que 48 heures après, le retour est facultatif. Vous pensez que ce sont les familles des enfants qui n’ont pas suivi les programmes depuis deux mois qui vont renvoyer leurs mômes les premiers à l’école ? J’ai un doute. Le message est contradictoire avec la volonté affichée », a-t-il cinglé.

 

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L’ancien ministre de la Défense a regretté de ne pas avoir été associé par Jean-Michel Blanquer à l’élaboration des conditions de retour à l’école, alors que les présidents de régions sont chargés « du fonctionnement des établissements scolaires et de tout l’environnement autour de l’école, que ce soient les garderies, les transports scolaires, les cantines… » « Il fallait plutôt, à mon sens, reporter cette réouverture des écoles au 1er septembre », a-t-il jugé, compte tenu notamment du manque de masques ou de chauffeurs de autocars.

 

 

« S’il s’agit de masques en tissu, on est incapable de fournir quatre masques par enfants – puisqu’il en faut deux par jour et les laver – pour l’ensemble des enfants qui seront scolarisés à la fin du mois de mai », a estimé Hervé Morin, qui chiffre la facture pour sa seule région à 60 millions d’euros.

 

Hervé Morin favorable à une commission d’enquête pour analyser les « ratés » du gouvernement

« Seul l’Etat est en capacité de pouvoir payer des sommes pareilles », a-t-il prévenu, avant de s’interroger. « Comment assurer la distanciation dans le transport scolaire ? L’idée d’une scolarisation à la demi-journée est impossible », a assuré Hervé Morin, qui s’est dit dans l’impossibilité d’augmenter la capacité de transport scolaire dans sa région pour respecter les mesures de distanciation entre élèves.

 

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« Il n’y en a pas de disponible. En plus de cela, les chauffeurs de car sont une denrée très rare », s’est-il justifié. Alors que François Bayrou à notre antenne jeudi dernier ou le président de la République lui-même ont marqué leur opposition à la tenue d’enquêtes parlementaires sur la gestion de la crise sanitaire par l’exécutif, le président Des centristes ne peut « imaginer que la France ne tire pas les conséquences « des ratés » du début de la gestion de la crise ? ».

 

 

Il souhaite connaître l’action qu’a été celle du gouvernement à partir du 15 janvier, date à laquelle l’ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn aurait alerté le Premier ministre et Emmanuel Macron de l’épidémie à venir. « La comparaison avec l’Allemagne est assez dure » de ce point de vue là, a conclu Hervé Morin.

 

Nicolas Gomont

 

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