Coronavirus : les pouvoirs publics vont-ils puiser dans nos données numériques?

Pour lutter contre le coronavirus, les pouvoirs publics veulent pouvoir puiser dans nos données numériques. Une tendance mondiale, contre laquelle il faut imposer des limites.

 

Des données utiles pour lister les personnes en contact avec le virus

Aujourd’hui, nos empreintes digitales en disent moins sur nous que nos empreintes numériques. Avec nos smartphones, on laisse en permanence des traces qui pourraient être utiles aux pouvoirs publics et aux autorités de santé. Si on suit notre téléphone mobile, on peut savoir où on a été. 2 cartes Sim peuvent être croisées pour savoir avec qui on a été en contact.

 

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On peut nous surveiller sur les réseaux sociaux pour voir ce qu’on a fait. Il suffit en effet de nous espionner sur Facebook, Instagram, Snapchat ou des applications sportives comme Strava pour connaître presque tous nos faits et gestes. De plus en plus de gouvernements sont tentés d’espionner leurs administrés pour la bonne cause, car si on peut savoir ce qu’a fait quelqu’un qui de contagieux, la propagation du virus peut être ralentie.

 

 

Outre la Chine ou Israël, la Belgique et la Corée du Sud misent sur l’espionnage numérique

La Chine, par exemple, ne se pose pas trop de question de ce point de vue. L’anonymat digital n’existe pas. Le gouvernement peut tout savoir tout ce que vous faites via votre smartphone et il ne s’en prive pas. Les démocraties aussi peuvent utiliser les traces numériques. Israël trace le parcours des smartphones. Aux Etats-Unis, Donald Trump veut demander à Google ou Facebook s’il peut utiliser les données numériques pour en savoir plus sur les Américains malades.

 

 

La Belgique veut agréger des datas pour voir d’où viennent les personnes infectées ; la Corée du Sud aussi veut faire des données un allié dans la lutte contre le coronavirus.

 

 

Certes, la cause est noble. Comme le dit Emmanuel Macron, nous sommes dans une guerre sanitaire. Quand on est en guerre, tous les moyens sont bons. Seulement, il faut placer des limites.

 

« Les pouvoirs publics doivent promettre que cette utilisation sera temporaire »

On peut utiliser nos traces digitales mais il faut se contenter de datas anonymisées. Il faut surveiller la masse, de façon statistique, pas l’individu. Les pouvoirs publics doivent promettre que cette utilisation sera temporaire et ne pas utiliser la lutte contre le coronavirus comme prétexte pour s’accorder de nouveaux pouvoirs définitifs. Nous avons droit à une vie privée.

 

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Il ne faut pas aujourd’hui que l’on plonge dans nos mails pour savoir si on sort se promener sans en avoir l’autorisation. Google et Facebook, comme la police, le fisc ou le gouvernement ne peuvent se permettre de nous surveiller en permanence et utiliser ensuite contre nous les traces que nous laissons sur les réseaux sociaux ou les réseaux télécoms. Les droits de l’Etat ne sont pas les mêmes en temps de guerre et en temps de paix. Sauf qu’un jour, la paix va succéder à la guerre…

 

David Barroux