Municipales : vague écologiste dans vos journaux

La Croix titre « La percée verte », soulignant les bons résultats des listes écologistes. Libération préfère mettre Emmanuel Macron  à la Une avec cette formule : « L’écologie en marche ». « Macron face à la poussée des Verts et de la gauche », titre le Figaro, l’Opinion parle de « Marée verte » quand Ouest France souligne lui aussi « La vague verte » mais met aussi en une l’abstention record.

 

Martine Aubry résiste à la vague verte, selon La Voix du Nord

La presse régionale vous donnera les résultats ville par ville, mais certaines de ces Unes sont plus parlantes que d’autres. Paris Normandie avec Edouard Philippe et sa « Victoire par KO ». La Une également du Dauphiné avec « La vague Piolle » , du nom du maire écologiste de Grenoble Eric Piolle réélu, celle de Sud-Ouest avec la victoire historique de Pierre Hurmic, avocat écologiste qui installe les Verts et la gauche à la mairie après des années d’un monopole dévolu à la droite. On regardera la une de la Voix du Nord, Martine Aubry résiste, elle, à la vague verte. Et bien sûr à la Une du Parisien, Hidalgo a gagné son « Paris écolo ».

 

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Et de cette vague verte, les éditorialistes tirent des conclusions différentes. Dans le Figaro, Alexis Brézet estime que le président de la République doit en tirer les conséquences en mettant le cap au centre et à droite. Pour Laurent Joffrin dans Libération, ces municipales font deux victimes, la participation d’une part, le parti présidentiel de l’autre, et elles ressuscitent le clivage droite/gauche. Nicolas Beytout dans l’Opinion peste contre l’abstention et se désole d’une démocratie mal en point. Dans le Parisien, Stéphane Albouy estime que le Président va pouvoir rebondir en marquant son intérêt pour les questions écologiques en recevant les membres de la Convention Citoyenne pour le Climat. Pour lui c’est un timing inespéré et un rendez-vous à ne pas manquer.

 

 

Le démantèlement de la centrale nucléaire de Fessenheim prendra 20 ans

Côté timing, c’est aussi aujourd’hui le dernier jour de la centrale de Fessenheim. Elle fait la Une des Echos et des pages économiques du Figaro. Si la Convention Citoyenne pour le Climat a largement esquivé le débat sur le nucléaire, Emmanuel Macron pourra toujours saisir l’occasion de la fermeture du 2e réacteur nucléaire pour rebondit sur le sujet. Promesse de campagne de François Hollande puis d’Emmanuel Macron, cette fermeture d’une source décarbonée est présentée comme un gage de crédibilité de la politique de diversification du mix énergétique français.

 

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Pour le Figaro cette fermeture aura deux conséquences : d’abord augmenter les tensions sur l’approvisionnement énergétique de la France l’hiver prochain. Et laisser ensuite la région de Fessenheim sans projet de reconversion économique à ce stade. Et le temps presse, explique le Figaro, les 700 salariés et plus qui travaillaient à la centrale ne seront plus que 160 dans 5 ans. Et si vous lisez les Echos, reconvertir dans son intégralité une centrale nucléaire ce n’est pas simple. D’abord l’aménagement des 250 ha situés au nord de la centrale en zone d’activité et soutenu par l’Etat n’a pas donné les résultats escomptés.

 

 

Jeanne Barseghian, écologiste de 39 ans, a été élue maire de Strasbourg

D’abord parce que les entreprises ne sont pas pressées d’aller s’y installer mais aussi parce qu’il y a des enjeux écologiques, et les Echos donne l’exemple des forêts qui couvrent cette zone et qui abritent une espèce protégée de crapauds. En fait, d’ici 2035 la France devra encore éteindre 12 des 56 réacteurs nucléaires en activité. Et le dossier Fessenheim a montré qu’il valait mieux opérer des fermetures partielles que des fermetures intégrales. Et cette fermeture s’incarne ce matin dans les visages des salariés d’EDF qui devront chercher du boulot ailleurs, mais également à la Une des Dernières Nouvelles d’Alsace avec la figure de l’écologiste Jeanne Barseghian qui vient d’emporter la mairie de Strasbourg.

 

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39 ans, une vocation écologiste contractée lors d’un séjour en Allemagne en 2002. Spécialiste en droit de l’environnement elle a beaucoup travaillé sur le dossier Fessenheim. De même qu’André Hatz militant alsacien lui aussi qui fait partie de la première génération d’activistes à s’être battue contre la mise en service de la centrale alsacienne. Il a commencé en 1975, 45 ans de militantisme anti-nucléaire. Demain il fêtera la fermeture de Fessenheim sur le pont qui enjambe le Rhin où il retrouvera des militants écolos allemands « pile à l’endroit où le fameux nuage de Tchernobyl s’est arrêté » ironise-t-il.

 

David Abiker

 

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