Un documentaire sur 6 cheffes d’orchestre en ce 8 mars, journée internationale des droits des femmes

La chaine de télévision britannique Sky Arts diffuse « Beyond The Grace Note », un documentaire sur la vie professionnelle de 6 femmes chefs d’orchestre. Avec humour et lucidité, sans complainte ni commisération, le film montre comment elles ont réussi à s’imposer et s’épanouissent dans un secteur où les hommes sont ultra-majoritaires.

 

Un parcours semé d’obstacles

Pendant 5 ans, Henriett Foster a filmé et interviewé 6 cheffes d’orchestres, confirmées ou débutantes (Marin Alsop, Mirga Gražinytė-Tyla, Xian Zhang, Jane Glover, Joana Carneiro et Sian Edwards) dans leur travail, en concert, lors de répétitions ou devant leurs élèves. Dans son documentaire « Beyond The Grace Note », que diffuse la chaîne Sky Arts, la réalisatrice et productrice anglaise s’est attachée avant tout à montrer les joies et les défis que la direction d’orchestre propose quotidiennement à ces 6 femmes.

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Dans une spécialité largement dominée par les hommes (Seulement 37% de cheffes d’orchestre en Allemagne, un des pays les plus paritaires pourtant), les embuches que rencontrent les femmes qui se lancent dans la direction d’orchestre sont encore très tangibles.

 

Des clichés machistes tenaces

En 2020, les lieux communs ont toujours la vie dure dans le secteur de la direction d’orchestre. Ainsi, selon le site Cinando, quand un chef d’orchestre est décrit comme exigeant, une femme est considérée comme autoritaire ou dominatrice. L’autorité serait naturelle chez une homme alors qu’un femme devrait la mériter. Sa voix semble trop haute pour être prise au sérieux. Ses gestes ne sont pas assez fermes pour de nombreux musiciens et son « attrait » peut distraire les membres masculins de son orchestre. Sans oublier le fait que certains compositeurs du répertoire classique comme Beethoven, Verdi, Wagner ou Rachmaninov sont considérés comme plus « masculins » et que les femmes cheffes d’orchestre devraient se contenter de diriger des œuvres de compositeurs plus « légers » comme Ravel et Chopin ou à la rigueur de Mozart… N’en jetez plus !

 

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Dans son documentaire, Henriett Foster met à mal toutes ces banalités ridicules. Elle le fait avec humour et surtout beaucoup d’attachement pour ces femmes qui, plutôt que se plaindre et accuser, montrent que c’est avant tout l’amour de la musique et des musiciens et une volonté inébranlable qui leur ont permis de surmonter tous les obstacles et de prouver que la direction d’orchestre est une activité qui n’a pas de sexe.

 

Philippe Gault

 

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