JO Tokyo 2021 : John Williams, Leonard Bernstein ou Richard Strauss, qui sont les compositeurs des hymnes olympiques ?

Atlanta 1996 / Olympics.org

Une fois n’est pas coutume, 2021, année impaire, sera une année olympique. Évènement planétaire et populaire par excellence, le maintien des Jeux Olympique de Tokyo avait été rendu impossible par des restrictions sanitaires liées à la crise du coronavirus, obligeant les autorités japonaises à décaler la compétition d’un an. On le sait, les Jeux Olympiques sont pour les pays organisateurs autant des évènements sportifs que des actes politiques, et la musique classique est souvent privilégiée pour transmettre une idée de prestige et renouer avec l’esthétique antique.

Leonard Bernstein : Son hymne olympique a été composé à l’occasion du XIème Congrès Olympique

De grands compositeurs ont contribué par leurs œuvres aux cérémonies d’ouvertures, qui sont des affirmations politiques et historiques de la grandeur des nations organisatrices. Ces hymnes partagent de nombreux points communs : l’emploi des trompettes et des timbales sont un rappel à l’esthétique antique des Jeux Olympiques, et tous partagent solennité, vigueur et grandiloquence. Celui de Leonard Bernstein ne fut pas composé pour une compétition olympique mais pour le XIème Congrès Olympique à Baden-Baden, réunion à l’importance particulière suite au boycott massif des Jeux de Moscou en 1980.

 

J.O de Berlin en 1936 : Un hymne composé par Richard Strauss et une arme de propagande pour le régime nazie

L’hymne de Richard Strauss fut composé pour les Jeux Olympiques de Berlin en 1936, qui cultivèrent le lien esthétique voulu par Adolf Hitler entre l’Allemagne nazie et la Grèce antique et qui fut, par les sports et les arts, une redoutable arme de propagande. Strauss dirigea lui-même l’hymne olympique et les fanfares composées pour l’occasion lors de la cérémonie d’ouverture, cet hymne clôt la première partie des Dieux du stade, film de propagande de Leni Riefenstahl.

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Le pari osé de Philip Glass pour accompagner l’allumage de la torche des J.O de 1984

Les Jeux Olympiques de 1984, illuminés des performances sportives de Carl Lewis, ont été animés musicalement lors de la cérémonie d’ouverture par deux grands compositeurs : John Williams et Philip Glass. John Williams composa le premier de ses trois hymnes olympiques, et Philip Glass le thème qui accompagne l’allumage de la vasque olympique par le décathlonien Rafer Johnson. Une œuvre dans laquelle on reconnaît le style répétitif si caractéristique du compositeur américain, qui a su s’adapter au caractère épique des musiques olympiques.

 

 

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Los Angeles 1984, Atlanta 1996, Salt Lake City 2002 : John Williams serial compositeur d’hymnes olympiques pour les éditions américaines

Les deux autres hymnes composés par John Williams (Atlanta 1996, Salt Lake City 2002) incarnent peut-être encore mieux la devise de la compétition : « Citius, Altius, Fortius » (plus haut, plus loin, plus fort), principe fondateur de la performance sportive olympique. « Call of the Champions », composé pour les jeux d’hiver de 2002, s’ouvre d’ailleurs sur cette devise clamée par les chœurs. « Summon the heroes », hymne des Jeux de 1996, joué par l’Orchestre Symphonique d’Atlanta lors d’une cérémonie hautement patriotique regardée par 3,5 milliards de téléspectateurs à travers le monde, apparaît comme le sommet du genre : thème entraînant, trompettes et timbales. L’œuvre incarne l’esprit de l’Olympisme et de la performance sportive.

Rémi Monti

 

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