Incendie en Australie : la fin du cauchemar ?

Grâce aux pluies torrentielles qui s’abattent sur l’Australie depuis plusieurs jours, les incendies géants qui ont ravagé le sud-est du pays sont désormais maîtrisés. Mais ces importantes précipitations s’avèrent aussi dangereuses pour la biodiversité.

 

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33 personnes sont décédées et 100.000 kilomètres carrés sont partis en fumée

Le catastrophique été austral semble prendre fin en Australie. Les pompiers locaux ont annoncé hier que les incendies les plus importants sont enfin sous contrôle, après 5 mois de lutte. Des centaines de feux ont ravagé le sud-est du pays, notamment l’Etat de Nouvelle Galles du Sud, où ont sévi des incendies géants. « Tous les feux sont maintenant contenus, a assuré Rob Rogers, l’un des porte-paroles des pompiers de cet Etat australien. Ils ne sont pas tous éteints mais ils sont maîtrisés et c’est une bonne nouvelle. » Les soldats du feu sont venus à bout des incendies notamment grâce aux pluies torrentielles qui se sont abattues ces derniers jours dans le sud du pays ; les plus importantes depuis 30 ans.

 

 

Au total, 33 personnes sont mortes depuis le mois de septembre et 100.000 kilomètres carrés sont partis en fumée, soit plus que le Portugal. Des villes ont été noyées sous des nuages de fumées toxiques et des milliards d’animaux ont disparu, brûlés par les flammes. Les pluies qui ont éteint les incendies ont un aspect tragique car elles ont provoqué par ailleurs des inondations, préjudiciables pour la biodiversité. « Il y a maintenant trop de précipitations, trop d’érosion des sols et de pollution des rivières là où les incendies ont eu lieu, explique Kingsley Dixon, professeur de biologie à l’université de Curtin, à Perth en Australie. On voit des rivières et des ruisseaux, dans lesquelles des poissons très rares ont survécu aux incendies, avec des cendres et des débris qui polluent l’eau. »

 

« La biodiversité est notre Notre-Dame à nous » estime un professeur australien

Selon lui, au moins 140 espèces ont vu leur population détruite dans une telle proportion qu’elles sont désormais menacées d’extinction. C’est le cas des koalas mais aussi des reptiles, de grenouilles ou encore de plantes. Des espèces souvent uniques et endémiques. Il va falloir plus d’un an pour faire un bilan précis de l’écosystème australien alors que des premières mesures sont déjà lancées. « Les premières actions ont commencé, détaille Kingsley Dixon. Déjà, il faut colleter les graines et les plantes rares qui ont survécu. Ensuite, il faut protéger les zones qui n’ont pas brûlé car ce sont des endroits où se trouvent encore beaucoup d’espèces. Et seulement après, nous pourrons réintroduire des animaux et des plantes là où ils ont disparu ».

 

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Restaurer la biodiversité est un défi majeur pour l’Australie. Il ne sera pas simple à relever prévient Philippe Grandcolas, directeur de recherches au CNRS, au Muséum d’histoire naturelle. « Les populations d’animaux qui évoluent à côté des zones touchées ne disposent pas d’un milieu suffisamment intact pour pouvoir recoloniser rapidement ces espaces ». Ce processus pourrait s’étaler sur des décennies, alors que l’Australie risque d’être confrontée à d’autres épisodes de sécheresse extrême qui vont contrarier fortement la régénération de la forêt. « La biodiversité est notre Notre-Dame à nous », a confié Kingsley Dixon. Une Notre-Dame, qui a falloir reconstruire.

 

Baptiste Gaborit

 

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