Ils avaient 20 ans !

Chaque matin, Michel Grossiord décrypte l’actualité et vous partage sa Revue de Presse

75 ans plus tard, les vétérans sont notre mémoire vive, dit Paris-Match.

Très belle citation d’André Malraux dans Ouest-France : « La plus belle sépulture, c’est bien la mémoire des hommes ».
Voilà le message, essentiel, des vétérans, poursuit le grand journal de l’Ouest : des hommes et des femmes ont donné jusqu’à leur vie pour lutter contre la barbarie. Notre liberté a été à ce prix.

Les hauts-lieux pour cultiver le souvenir ne manquent pas en Normandie

Pour se souvenir, pour comprendre les événements (lire à ce sujet Le Figaro très complet sur Le matin de la liberté ». 9 pages plus Le Figaro littéraire), pour réfléchir à la guerre et à la paix.
Citons le formidable et indispensable Mémorial de Caen : 380.000 visiteurs par an.
Et bien sûr les 28 cimetières militaires de Normandie où l’on peut se recueillir sur les tombes des 117.000 soldats de 13 nationalités différentes.

On parle de « tourisme de mémoire »

La juxtaposition des deux termes peut choquer, alors que Les Echos expliquent que la Normandie continue d’investir dans le tourisme de mémoire.
C’est une question délicate, voire une question qui fâche pour Normandie Magazine : le marché du tourisme de mémoire respecte-t-il l’Honneur et l’Histoire ?
Ce magazine ne goûte guère au business de certains : c’est à qui saura attirer le mieux le chaland pour faire de cette année de 75ème anniversaire une affaire juteuse.
Des spécialistes, collectionneurs eux-mêmes, doutent que tout soit vrai dans certains des 50 musées consacrés à la période. On trouve nombre de répliques présentés dans les vitrines comme du matériel authentique…

Tourisme : le mot fait réagir l’écrivain Jean-Michel Delacomptée

L’auteur de nombreux portraits littéraires, essais et romans, témoigne dans Le Figaro des sentiments que lui inspire la visite des lieux et de l’arrière-pays du Débarquement.
« Sous le silence des nécropoles, nous tâchons d’entendre, sans y parvenir, le bruit monstrueux des combats.
D’une manière générale, les visiteurs, quand ils observent les plages, laissent paraître cette sorte d’émotion qu’on ne peut éprouver que dans les lieux d’hécatombes sur lesquels la mémoire se penche.
Les visiteurs viennent ici, tant d’années plus tard, en quête d’une réalité qui leur échappe. Ils donnent une impression de recueillement sans signes extérieurs, qu’on ressent avec une force étrange. Pas de cris, pas de curiosité fugace, rien qui relève du divertissement. Il ne s’agit surtout pas de tourisme ».
Ce sont pour Jean-Michel Delacomptée « des pèlerinages empreints d’admiration ».

Pour Donald Trump le pèlerinage ne durera que quelques heures

Quelques heures sur les plages où tant de sang de son pays a été versé pour libérer l’Europe, déplore Le Monde. Significatif, même s’il a été présent aux cérémonies de Portsmouth en Angleterre.
Donald Trump aura bien sûr des mots d’admiration et de gratitude pour les héros du 6 juin 1944, mais l’évocation de la mémoire n’a d’intérêt que si elle sert le futur, or le futur proposé par le locataire de la Maison Blanche n’a rien à voir avec l’idéal américain de 1944.
Fin du multilatéralisme. C’est le règne de l’America First… Avec Trump, les alliances en péril.

La politique n’est pas zappée des Unes en ce 6 juin

Du Débarquement (avec un D majuscule) au débarquement. L’Opinion évoque la tentation du débarquement (sans majuscule) au sujet de Jean-Luc Mélenchon. La question de son leadership commence à être abordée chez les Insoumis.
Urgences… Non pas à l’hôpital… La droite aux Urgences ! Les Républicains vacillent avec le départ de Valérie Pécresse, annonce Le Parisien. Elle quitte le radeau LR.
La gauche aux urgences, Libération poursuit son combat pour l’union, en faisant la leçon à Yannick Jadot roi de la jungle… Fort de son score aux Européennes, il se projette dans d’autres victoires « ambitionnant d’enterrer la gauche au programme », déplore Libération qui dresse sur une page le portrait d’un conseiller en coulisse. Mieux : un « maître à penser » ! Stéphane Pocrain qui a collaboré avec Eva Joly, Noël Mamère et Cécile Duflot.. Le succès de Yannick Jadot vient renforcer l’influence de cet ex président de SOS Racisme, lit-on dans ce portrait qui fut rendu enfin possible après des mois par un SMS envoyé en pleine nuit par l’intéressé au journaliste : « Je crois que je suis partant pour le papier sur moi ».

Michel Grossiord

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