La revue de presse…avec des pages glaçantes à lire dans les quotidiens.

Chaque matin, Michel Grossiord décrypte l’actualité et vous partage sa Revue de Presse

Des pages doublement terrifiantes sur le bain de sang place Tienanmen 30 ans après.

Horreur du massacre : « Le 4 juin, j’ai vu les chars, en rangs serrés, écraser les tentes ». Témoignage dans Libération d’une Chinoise réfugiée en France.
Le Figaro rappelle le récit insoutenable de l’ambassadeur britannique de l’époque : les blindés « ont roulé sur les corps à de nombreuses reprises, faisant comme une ‘pâte’ avant que les restes soient ramassés au bulldozer. Restes incinérés et évacués au jet d’eau dans les égouts ».

On ne sait pas encore aujourd’hui combien la répression fit de morts ?

Des centaines, un millier, plusieurs milliers ?..
La propagande a caché le bilan et les scènes sanglantes et fait de ce 4 juin 1989 la date la plus taboue de l’histoire de la Chine moderne, expliquent Ouest-France et Le Figaro. Les journalistes, les intellectuels et les blogueurs sont muselés.
Les étudiants sont dans l’ignorance, ne sachant reconnaître la célèbre photo de l’homme qui a tenté d’arrêter une colonne de chars (le correspondant du Figaro a fait le test à la sortie d’une université pékinoise). La société est tenue en laisse, et d’ailleurs n’a jamais semblée aussi éloignée des aspirations démocratiques exprimées à l’époque.

La technologie est l’alliée du régime pour renforcer son emprise

« Aujourd’hui, la sophistication des moyens de surveillance rend inimaginable un mouvement comme celui de 1989 », avance un historien indépendant dans Le Figaro.
Le territoire est quadrillé par les caméras équipées de systèmes de reconnaissance faciale. Les événements de Tiananmen ont été rayés des manuels, bannis des réseaux sociaux, purgé des esprits.
On lit ces articles sur la Chine « République populaire de l’amnésie », et en même temps ce matin ceux sur une autre répression aujourd’hui : c’est au Soudan que les militaires ont écrasé dans le sang le mouvement démocratique. Le « sit-in » de Khartoum, épicentre de la contestation, a été démantelé. Au moins 30 morts, des centaines de blessés.

Beaucoup de manchettes ce matin encore sur l’état de la droite

Après lui le déluge, titre Le Républicain lorrain sur une photo de Laurent Wauquiez.
Ce dernier ne voit pas les choses ainsi : il dit avoir accepté une dernière interview (dans Le Figaro) pour partager un espoir. « Je crois en l’avenir de la droite même si tous les signes aujourd’hui montrent l’inverse… »
Mais quel avenir ? L’Alsace.
Et qui pour sauver la droite ? Sud-Ouest.
Une droite éparpillée. La Provence, Le Midi Libre.
Le Télégramme souligne que ça s’agite en coulisse… dans la perspective de l’élection d’un nouveau président.
Selon Les Echos et L’Opinion, Bruno Retailleau et Guillaume Peltier seraient très tentés. Déjà dans les starting-blocks.
« Mais, lâche un cadre de LR, celui qui tire le premier est mort ».
L’Opinion de considérer qu’après la démission de Laurent Wauquiez, le parti Les Républicains sont un canard sans tête… Mais le journal d’ajouter : est-ce encore un canard ?

Il en est un qui se réjouit de la situation, c’est le premier ministre !

Apparemment, Edouard Philippe ne souscrit pas à l’idée, développée par Le Figaro, que l’acharnement à détruire LR est préjudiciable à la démocratie (La France peut-elle se réduire uniquement à une vision macroniste ou lepéniste de la politique ?)
Edouard Philippe est d’humeur joyeuse, ragaillardi par la débâcle de ses anciens camarades.
Libération apporte les preuves de la bonne humeur du premier ministre : il a un air de Johnny sur les lèvres.
« Si j’étais charpentier… » chantonne Edouard Philippe sous les moulures de Matignon. Car un charpentier, ça taille des poutres. Et les poutres, « ça travaille », aime répéter le premier ministre.
Depuis le début du quinquennat, l’expression désigne dans sa bouche les fractures que le camp macroniste s’efforce d’élargir chez ses adversaires, jusqu’à les faire éclater.
Dimanche soir, avance Libération, on imaginait volontiers le juppéiste Edouard Philippe monter d’une octave devant l’annonce de la démission de Laurent Wauquiez, objet d’une solide et réciproque détestation.

Michel Grossiord

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