Gel des vignes et des exploitations agricoles : les prix vont-ils augmenter ?

Une semaine après les gels qui ont affecté les vignes et des pans entiers de l’agriculture, peut-on dresser un premier bilan ? Pour une fois malheureusement, c’est presque toute la France qui a été touchée et qui risque d’être encore frappée cette semaine. On a eu des petits matins à -5, – 10 degrés, forcément cela va provoquer des dégâts très importants mais tout le monde n’est pas égal face au gel.

Gel : On ne manquera pas de vin

Il y a ceux qui ont été frappés très durement, comme le vignoble dans le Sud-Est ou la Vallée du Rhône, les arboriculteurs dans la Drôme et l’Ardèche. Certaines exploitations ont tout perdu. Il y a ceux dans le Bordelais qui vont perdre entre 10 et 20% de leur production. Et puis il y a les betteraviers touchés mais pas coulés, puisqu’ils peuvent encore ressemer. On vit dans un monde dans lequel -dans les pays riches au moins- l’offre dépasse la demande.

 

A lire aussi

 

On ne va pas globalement manquer de vin. Et même si la cerise ou la pêche française peuvent être très pénalisées, on pourra toujours importer. On vit dans une relative abondance. On aura peut-être moins de choix. Certains vins seront en quantités plus limitées, certains fruits français manqueront à l’appel mais en raison de la concurrence, la capacité du monde agricole français à imposer des hausses de prix me semble très faible.

 

Une éolienne qui peut repousser le froid sur 4 hectares coûte 500.000 euros.

Il faut attendre de mesurer l’impact global sur les rendements pour estimer le coût macro. Mais au niveau micro, c’est-à-dire au niveau des exploitations, cela va faire très mal. Surtout pour celles qui ont joué de malchance, car depuis cinq ans les incidents climatiques se succèdent. On a eu trop d’eau pour les céréales en 2016. Un gel sur les vignes qui a fait très mal en 2017. Des sécheresses depuis trois ans… Et on le sait les assurances et l’aide de l’Etat via le régime de calamité agricole permettent d’amortir le choc mais ne compensent jamais le manque à gagner. De nombreuses exploitations n’ont pas les moyens d’investir dans la protection. Quand les incidents climatiques se répètent tous les ans, il faut se protéger mais une éolienne qui peut repousser le froid sur 4 hectares coûte 500.000 euros. Tout le monde n’a pas les moyens surtout que les primes d’assurances pour ceux qui en ont vont commencer par monter.

David Barroux

 

 

Retrouvez le Décryptage Economique