« France 2030 » : Emmanuel Macron présente son plan d’investissement, est-il déjà insuffisant ?

Emmanuel Macron présente aujourd’hui son plan d’investissement baptisé « France 2030 ». Un programme d’une trentaine de milliards d’euros qui doit permettre à notre pays de faire émerger des champions dans des secteurs d’avenir. Une ambition qui peut laisser sceptique.

« France 2030 », plutôt une tentative de réparer les erreurs du passé

Ce n’est pas avec trois dizaines de milliards saupoudrées sur une petite dizaine d’années que l’on va créer et développer des entreprises capables de rivaliser avec les champions américains, chinois ou même allemands dans les secteurs de pointe. Et ça, Emmanuel Macron le sait pertinemment. En fait, « France 2030 » est moins une projection vers l’avenir qu’une tentative qui ne dit pas son nom de réparer les erreurs du passé. C’est-à-dire de remédier à trente années de désindustrialisation en misant notamment sur les semi-conducteurs, l’hydrogène, les batteries ou le nucléaire.

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Il faut dire que la France est devenue progressivement un nain industriel. Depuis les années 90, la part de l’industrie dans le PIB n’a cessé de chuter. Elle ne représente plus que 13% environ de la richesse nationale, quand elle dépasse les 22% en Allemagne. Est-ce si grave ? Après tout, nous vivons désormais dans une économie de services et la diffusion accélérée des nouvelles technologies ne va faire qu’amplifier ce phénomène.

 

Les entreprises industrielles sont de puissants moteurs de l’amélioration de la productivité

Mais le recul de l’industrie dans une économie n’est jamais une bonne nouvelle. D’abord, parce qu’il s’accompagne d’importantes destructions d’emplois, 2 millions au total en France ces 30 dernières années. Ensuite, parce que les entreprises industrielles sont de puissants moteurs de l’amélioration de la productivité, grâce au progrès technique et à l’innovation. Enfin, parce que produire sur son territoire permet souvent d’exporter davantage et donc de contribuer à la santé financière du pays. Au final, cela signifie donc que le renouveau du made in France serait une bonne nouvelle. A condition bien sûr que l’Etat investisse les 30 milliards de « France 2030 » avec efficacité et discernement. Il ne s’agirait pas de refaire les erreurs passées en créant un nouveau minitel tout en passant du côté de la révolution Internet.

François Vidal

 

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