La crise des semi-conducteurs n’en finit pas de pénaliser l’industrie automobile

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La crise du Covid a impacté de nombreux secteurs dont celui de l’automobile. Les constructeurs vont devoir produire 10 millions de voitures de moins que ce qu’ils espéraient.

Les industriels manquent de composants

Commander une voiture implique des délais de réception longs, sauf si l’on commande une voiture haut de gamme avec toutes les options. Les industriels manquent de composants, ils privilégient donc l’assemblage des voitures les plus chères qui rapportent le plus. Une voiture est un peu comme un Lego, il suffit qu’il manque une pièce et il n’est pas possible de la terminer. Les constructeurs automobiles et leurs fournisseurs pensaient que la situation allait progressivement se normaliser et pariaient sur une forme de retour à la normale début 2022. Aujourd’hui, on pense que la crise va durer toute l’année prochaine.

 

Cette année, les constructeurs vont devoir produire 10 millions de voitures de moins que ce qu’ils espéraient. La raison: la situation était déjà tendue à cause de la crise du Covid qui, l’an dernier, avait provoqué des fermetures d’usines et perturbé la logistique. Cet été avec le variant Delta il y a eu un second séisme. Dans certains pays d’Asie du Sud-Est, qui pratiquent la stratégie zéro Covid, il suffisait qu’une personne soit infectée dans une usine pour que l’on ferme le site 15 jours. Si la Malaisie, qui produit 10% des composants les plus basiques, tousse, tout le monde s’enrhume. Cela a encore plus grippé le système.

Toyota a fini par être rattrapé par la crise

Aujourd’hui la crise n’épargne plus personne. Toyota, qui avait plus de stocks de pièces a fini par être rattrapé. Le Coréen Hyundai-Kia, très proche des géants des semi-conducteurs, s’en sort un peu mieux. Les constructeurs chinois ont passé d’énormes commandes et paient les pièces de deux à dix fois les prix de marché. Le contexte est difficile pour tous les constructeurs et pour les ouvriers. En France, dans les usines, un numéro vert doit être appelé tous les matins pour savoir si la ligne de production va tourner ou non. Il y a de plus en plus de chômage partiel ou de vacances prolongées et donc moins d’heures supplémentaires et de primes. Le pire étant qu’il n’y a aucune visibilité.

David Barroux

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