Est-ce la fin du Centre commercial ? L’Etat annonce le gel des extensions et constructions

Le gouvernement vient de demander aux préfets de geler toutes les extensions ou constructions de zones commerciales. On connaît l’origine de cette décision. Lors de la Convention citoyenne cet été, une des mesures proposées et retenues par Emmanuel Macron était de lutter contre ce qu’on appelle l’artificialisation des terres agricoles.

 

28 millions d’hectares sont occupés par des terres agricoles, des champs, de l’herbe ou de la forêt

La loi qui vise à interdire tous les nouveaux mètres carrés commerciaux n’a pas encore été présentée, mais le gouvernement vient de demander aux préfets d’imposer un moratoire dès maintenant. A première vue on peut comprendre cette décision. D’abord parce qu’il est vrai que dans bien des agglomérations, nos commerces de centre-ville souffrent. Ensuite parce qu’il est tout aussi vrai que les zones commerciales dans les zones péri-urbaines sont souvent d’une laideur incroyable. Mais je pense que ce n’est pas en interdisant de nouveaux commerces que l’on va régler ces problèmes. Quid alors de l’artificialisation des terres ? Il faut regarder les faits.

 

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Plus de la moitié de la surface de notre territoire est occupée par des terres agricoles, par des champs, de l’herbe ou des forêts. On parle de 28 millions d’hectares. Je veux bien qu’on accuse le commerce de ravager nos champs mais il faut relativiser. On construit de moins en moins de mètres carrés commerciaux. Seulement environ 3 millions de mètres carrés par an soit… 3 kilomètres carrés, alors que les terres agricoles s’étalent sur 280.000 kilomètres carrés.

 

Le consommateur cherche une autre forme de commerce, plus convivial

Localement on doit parfois envahir un joli champ pour construire un affreux supermarché mais à l’échelle globale, statistiquement c’est une menace fantôme. En plus, c’est vrai qu’on artificialise des sols, mais dans 90% des cas ce n’est pas pour ouvrir une boutique. C’est pour construire des maisons, des routes, des usines… On connaît une croissance démographique. On a gagné 10 millions d’habitants depuis le milieu des années 80. Je veux bien qu’on défende la décroissance, mais on a besoin de se loger, de consommer, de se déplacer.

 

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Plutôt que d’interdire les nouveaux commerces qui doivent déjà faire face à la concurrence du ecommerce, on devrait les inciter à rénover plutôt qu’à construire du neuf. On devrait pousser à agrandir l’existant plutôt que de lancer de nouveaux centres. On pourrait construire plus haut. On pourrait favoriser la transformation des friches. Il y a des solutions intelligentes. Surtout que les enseignes savent que le consommateur est aujourd’hui à la recherche d’une autre forme de commerce, plus convivial, souvent plus en ville. Il faut surtout arrêter de diaboliser les magasins et de vouloir tout décider depuis Paris en interdisant tout partout. Il faut faire confiance au niveau local.

 

David Barroux