Emily Phan : Le combat admirable de cette pianiste professionnelle atteinte d’une maladie génétique

Crédit: emilyphanmusic - Instagram

Souffrant depuis sa naissance d’une maladie génétique qui a perturbé sa croissance et retardé son développement, la pianiste américaine Emily Phan est devenue à 26 ans une pianiste professionnelle reconnue. Dans un entretien avec le magazine américain Newsweek elle raconte son long combat pour retrouver une motricité convenable et comment la pratique du piano lui permet d’avoir désormais une vie normale.

À 5 ans, Emily Phan évoluait comme une enfant de 2 ans

Son premier prix obtenu en février dernier lors de la 5édition d’un concours international en ligne (Best Chopin Performance) fut pour Emily Phan, non seulement une récompense pour son talent d’instrumentiste, mais surtout une victoire sur la maladie dont elle souffre depuis sa naissance. Dans l’entretien qu’elle a accordé au magazine Newsweek, la jeune pianiste de 26 ans raconte qu’elle est atteinte de sclérose tubéreuse de Bourbeville (Tuberous Sclerosis Complex, TSC en anglais), une maladie génétique qui se caractérise par le développement de tumeurs bénignes dans différents organes, diagnostiquée alors qu’elle avait 6 mois.

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Dans cet entretien, Emily Phan raconte comment la pratique du piano, qu’elle a commencé à l’âge de 4 ans, s’est avérée une thérapie salvatrice qui lui a permis de rattraper son retard de développement moteur. « Ma maman a engagé 5 professeurs de piano différents pour me donner des cours particuliers jusqu’à l’âge de 10 ans » explique la jeune femme de 26 ans. « À l’âge de 5 ans, j’évoluais comme un enfant de 2 ans, mais grâce au travail du piano, j’étais au moins capable de tenir un crayon et continuer à jouer du piano me permettait d’utiliser tout mon corps, c’était une thérapie pour tout et ma motricité s’améliorait ».

 

Emily Phan a remporté le Grand Prize Virtuoso à Salzbourg

À l’âge de 10 ans, le talent d’Emily Phan est indéniable et ses parents et professeurs l’inscrivent dans des concours de piano, d’abord locaux et régionaux puis dans des compétitions nationales lorsqu’elle entre au collège mais sa maladie l’empêche d’intégrer un conservatoire de musique. Ce n’est qu’à l’âge de 20 ans, alors qu’elle intègre l’Université Pepperdine à Malibu (Californie) où, encouragée par ses professeurs, elle peut se consacrer à plein temps au piano.

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Peu à peu, mais de manière régulière et impressionnante, la jeune femme rattrape son retard de développement moteur et estime qu’à 24 ans elle évoluait comme les adultes de son âge. Une victoire sur la maladie et l’expression d’un talent indéniable qui lui permettent de participer à de grands concours internationaux comme le « Grand Prize Virtuoso » qu’elle remporte et qui lui donne l’opportunité de jouer au Mozarteum de Salzbourg en juillet 2019. Parallèlement à son activité de concertiste, Emily Phan donne des cours de piano et collabore avec l’association TSC Alliance qui vient en aide aux personnes atteinte de cette maladie.

Philippe Gault

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