Disparition de Michel Piccoli : le charme de la France d’avant

Nous avons appris hier la disparition d’un Monstre sacré, le comédien Michel Piccoli, à l’âge de 94 ans. « Au revoir Monsieur Piccoli » titre le Parisien-Aujourd’hui en France. « Un grand comédien épris de liberté » c’est le titre du Figaro. « Epris de Piccoli » choisit Libé en évoquant celui que son rôle dans le Mépris avait rendu célèbre auprès de Brigitte Bardot.

 

« Les choses de la vie », titrent l’Equipe et Var Matin, en hommage au film de Claude Sautet, avec Michel Piccoli et Romy Schneider

Pour le Télégramme c’est « Un seigneur qui s’éclipse », c’est aussi pour Vaucluse Matin « La mort d’un géant » et d’une époque. Var matin titre tout simplement « Les choses de la vie« , le film qui fixe à jamais son inoubliable duo avec Romy Schneider. Mais Michel Piccoli c’est peut-être Claude Sautet qui en parlait le mieux et dont Première rappelle ces propos : « Je l’avais rencontré sur quelques films pour lesquels j’avais travaillé. J’avais été frappé par le petit rôle qu’il interprétait dans le Doulos de Melville. Il avait une sorte de charme étrange qui camouflait une très grande circonspection. Il y avait chez lui quelque chose qui me semblait pouvoir être développé. »

 

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Dans Libération Didier Péron évoque un Piccoli qui avait la normalité d’un bon oncle des familles et un charisme de prince calculateur, aussi génial dans la désinvolture que dans l’élan amoureux, incarnation des affres bourgeoises chez Claude Sautet et dynamiteur des bonne mœurs chez Ferreri.

 

Michel Piccoli, acteur emblématique des 30 glorieuses, selon le Parisien

Et puis bien sûr, il y a ce duo, immortel, ce couple franco-allemand formé avec Romy Schneider dans les Choses de la vie dont le titre s’impose ce matin même à la Une de l’Equipe ou de Var matin. Les choses de la vie, Vincent François Paul et les autres des films emblématiques de ce que Marie-Christine Tabet appelle dans le Parisien le charme de la France d’avant. « Dans notre mémoire collective et affective il restera un acteur emblématique des 30 glorieuses », écrit-elle des bourgeois pas encore bohèmes, des bandes de copains amateurs de grosses voitures, de jolies femmes et de havanes, une France avec des cinéma et des théâtres, Piccoli ou le discret du monde d’avant.

 

David Abiker

 

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