« Des petits festivals pourront se tenir cet été, si les conditions sanitaires le permettent », assure Jean-Philippe Thiellay

Jean-Philippe Thiellay était l’invité de la matinale de Radio Classique. Le président du Centre national de la musique a jugé que « des petits festivals » pourront se tenir cet été, « si les conditions sanitaires le permettent ». Il est aussi dans l’attente « d’un plan de relance avec beaucoup d’argent public » pour le secteur.

 

Jean-Philippe Thiellay, dans l’attente d’un décret accordant le chômage partiel aux intermittents

« Le milieu du spectacle a été le 1er à être touché et il sera certainement le dernier à redémarrer. Il faut penser aux artistes et aux intermittents ». Pour Jean-Philippe Thiellay, le secteur du spectacle vivant « va avoir besoin d’importantes mesures de soutien » après la crise du coronavirus. Il emboîte ainsi le pas au chanteur lyrique Ludovic Tézier, qui a adressé hier une lettre ouverte à Emmanuel Macron pour alerter sur la précarité des artistes et réclamé qu’une aide directe leur soit versée.

 

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Pour l’heure, la charge qui incombe au CNM est de satisfaire « un gros besoin d’évaluations et de connaissances » pour connaitre l’impact du confinement et des reports et autres annulations d’événements culturels. « Il y a encore énormément de points d’interrogation. Il faut être en veille, avec le ministère de la Culture avec lequel nous travaillons au quotidien et les professionnels ».

 

 

« On attend un décret d’une jour à l’autre pour leur permettre de recouvrir au chômage partiel ». Les intermittents du spectacle, dont le statut devrait être sous peu modifié, seront durement affectés si les festivals de la saison estivale devaient être supprimés du calendrier.

 

Le CNM fait pression pour que les contrats des artistes et intermittents soient honorés

Une menace à relativiser pour Jean-Philippe Thiellay : « Je pense que le paysage des festivals en France est extrêmement varié. Vous avez des grosses machines très compliquées, avec beaucoup de temps de montage et d’installation. Ceux qui sont le plus proches de nous dans le temps sont les 1ers à être menacés. En revanche, il y a des petits festivals dans le cœur de l’été qui pourraient très bien se tenir, à supposer que les conditions sanitaires le permettent. Donc, je crois qu’il faut se garder d’une approche uniforme ». Le besoin de visibilité et d’un horizon clair se fait sentir dans le secteur, alors que le confinement pourrait encore être prolongé dans les jours à venir.

 

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Pour éviter « que des structures mettent la clé sous la porte », le CNM a accordé des aides à la trésorerie, « qui sont des aides de court terme et qui ne compensent pas les pertes ». Elles empêchent « seulement les défaillances » d’entreprises. Pas sûr que cela suffise néanmoins. « Il y a malheureusement des structures qui vont peut-être disparaître, peut-être que d’autres vont se développer. Il faut que la solidarité guide la définition du plan de relance avec beaucoup d’argent public ». En contre-partie du soutien financier accordé, le Conseil national de la musique ferait pression pour « inciter les structures à honorer des contrats pour les artistes et les intermittents ».

 

Les prestations d’artistes sur internet « ne remplace pas l’expérience du live »

La crise sanitaire devrait aussi être l’occasion pour Jean-Philippe Thiellay de penser « une véritable refondation de modes de financement » qui impliquera de faire une photographie précise de la situation d’après-crise, en séparant l’économie de la musique enregistrée de celle du spectacle vivant. Le confinement a donné naissance à de nouveaux modes de consommation de la musique, dont il « faudra aussi mesurer les effets sur les droits d’auteur », mais aussi à des prestations d’artistes de renom sur internet.

 

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« En matière de musique, rien ne remplace l’expérience du live, rien n’est plus beau qu’être ensemble dans une salle à partager une expérience musicale. Je n’ai qu’une seule hâte, c’est que dès que cela sera possible, tout le monde se précipite dans les salles de concerts pour retrouver les artistes que l’on voit sur nos écrans ».

 

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Les salles de concerts ne sont pas prêtes de connaître une réouverture. Car si la date officielle est pour le moment inconnue, Ludovic Tézier l’estimait hier dans sa lettre au président de la République à septembre 2020.

 

Nicolas Gomont