Le chausseur André placé en liquidation judiciaire

Les magasins André sont au bord de la faillite. La marque, qui a connu son heure de gloire dans les années 1980-1990, a été placée en liquidation judiciaire. Il y a peu de chance qu’un repreneur se fasse connaître.

 

André possède aussi Minelli, Kookaï ou encore Naf-Naf

André est une icône de la distribution. La marque a longtemps été le numéro un de la chaussure en France. C’est un groupe plus que centenaire, qui a longtemps surfé sur l’enrichissement de notre pays, sur le développement de notre classe moyenne.

 

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A un moment, il comptait des boutiques dans tous les centres-villes de France. Mais hier, le tribunal de commerce de Grenoble a annoncé que le chausseur était placé en redressement judiciaire. Ce n’est pas le coronavirus qui a rendu André malade, mais il est sûr que le virus a contribué à achever une entreprise qui était déjà plus que souffrante. André a eu son heure de gloire dans les années 1980-1990.

 

 

C’était une entreprise toute puissante qui avait racheté d’autres poids lourds de la chaussure ou de l’habillement, comme Minelli, Kookai, la Halle aux chaussures et aux vêtement, Naf-Naf. Mais le groupe a commis des erreurs de management, de positionnement, des erreurs financières et il a été fragilisé par l’évolution de la mode, des habitudes de consommation et l’émergence de nouveaux concurrents.

 

 

Plus de 10 millions de pertes pour 100 millions de chiffre d’affaires

Il se portait déjà très mal il y a 2 ans et avait été racheté par Spartoo, un site de e-commerce de chaussures qui pariait sur la complémentarité entre la vente en boutique et en digital. Mais l’expérience n’a pas marché.

 

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La crise des Gilets Jaunes, les grèves et aujourd’hui le virus… cela fait trop à encaisser. Il n’est pas certain qu’un repreneur soit intéressé par André. D’abord, parce qu’acheter ses chaussures via Internet est souvent plus pratique et moins cher. Il y a du choix et les tailles. Ensuite, parce que les Français ne se chaussent plus comme avant. On met de plus en plus des sneakers, des chaussures de sport de marques, comme Nike ou Adidas.

 

 

Sauf qu’elles s’achètent plutôt chez Intersport que chez André, qui fabrique beaucoup ses propres gammes. Et puis, on va entrer dans une période de crise économique. André perdait déjà 10 millions pour 100 millions de chiffre d’affaires quand cela n’allait pas trop mal. Maintenant que la situation s’aggrave, il faudrait un miracle pour sauver cette centaine de boutiques.

 

David Barroux