Le gouvernement envisage une application mobile pour lutter contre le coronavirus

La France veut utiliser les technologies digitales pour lutter contre le coronavirus. Le gouvernement travaille sur une application mobile capable de recenser les personnes en contact avec des malades et d’envoyer un message d’alerte.

Le téléchargement de l’application ne serait pas obligatoire

Le gouvernement voudrait demander aux Français de télécharger sur leur smartphone une application sur laquelle il travaille. L’idée, serait d’implanter dans notre téléphone un programme qui permette de garder en mémoire les numéros de tous les gens que l’on aurait rencontré pendant 21 jours.

 

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Si au cours de cette période de 3 semaines glissantes, on tombe malade ou que quelqu’un que l’on a rencontré tombait malade, on enverrait un message à tout le monde ou on recevrait un message. Cela permettrait de savoir qui il faut tester en priorité, d’isoler plus vite les malades et donc, de ralentir la propagation du virus. On pourrait penser que l’on bascule dans une forme d’espionnage digital des citoyens. Mais le gouvernement est prudent.

 

 

D’abord, la démarche serait volontaire. Ensuite, les téléphones se reconnaîtront via le bluetooth, pas par le réseau mobile. Ce qui veut dire que l’information sera contenue dans l’appli, et pas dans un serveur central qui recèlerait le nom de tout le monde. Pour éviter trop de fausses alertes, il faudrait que le diagnostic médical soit fait par un médecin.

 

La crainte d’un cyber Etat-policier

On est pas dans une approche à la chinoise. Là bas, les habitants sont obligés de laisser leur téléphone branché. On peut savoir où ils vont, qui ils rencontrent et sont surveillés en permanence. Sur leur téléphone, ils ont un QR code rouge, jaune ou vert, qui leur donne l’autorisation de sortir, ou qui les oblige à rester enfermés chez eux.

 

 

L’approche française n’est pas sûre de marcher mais peut payer technologiquement. On l’a vu en Asie : l’utilisation massive de tests et du « Big Brother » portent leurs fruits. Là-bas, entre le respect des libertés individuelles et la défense de la santé collective, ils ont tranché. L’individu passe après le peuple. Cela peut se comprendre, mais ne soyons pas trop naïfs. L’histoire a souvent prouvé que lorsqu’on donne des pouvoirs exceptionnels à des Etats en temps de guerre, ils ont tendance à vouloir les conserver en temps de paix.

 

 

Les gouvernements peuvent avoir accès à nos datas personnelles, mais il faut que cela soit temporaire, encadré, si possible anonymisé au maximum. Et il faut des garde-fous, quelqu’un qui surveille l’Etat. Sinon, on se réveillera un jour dans un cyber Etat-policier.

 

David Barroux