Coronavirus : Comment améliorer les tests ?

Pour nos systèmes de santé et les groupes pharmaceutiques, l’une des priorités à l’ordre du jour désormais est de gagner la guerre des tests.

Des tests rapides nécessaires, mais qui doivent faire leur preuve

Aujourd’hui, l’urgence est de doper notre force de frappe sur le front des respirateurs artificiels. Mais la deuxième priorité est de monter en puissance sur un autre front, celui des tests. On a besoin de deux types de tests. Un pour la période actuelle, qui doit nous permettre de diagnostiquer très vite le plus de monde possible, afin de savoir qui sont les porteurs du virus. Car il faut identifier ceux qui peuvent infecter les autres et les isoler ; une stratégie qui visiblement a porté ses fruits en Corée du Sud ou en Allemagne. Ensuite, il en faudra d’autres pour la période post-confinement, dans le but de désigner ceux qui auront été atteints par la maladie.

 

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En l’occurrence, ceux qui ont développé des anticorps et qui ne sont plus malades ni contagieux. Ils pourront ressortir et ne seront pas prioritaires pour un vaccin. Si cette bataille des tests est si compliquée, c’est parce qu’il faut à la fois innover très vite et monter en puissance industrielle rapidement.

 

 

Il faut inventer de nouveaux tests fiables, rapides et utilisables à grande échelle pour une nouvelle maladie. C’est difficile, car souvent les tests rapides ne sont pas très fiables.

 

L’Allemagne vise les 200.000 tests en avril

Derrière, il faut que la chaîne industrielle suive. Il faut produire des machines et des kits de test dans des quantités qui n’ont rien à voir avec la demande habituelle. Il va falloir des millions et des millions de tests à un moment où, en plus, la logistique et l’industrie mondiales sont très désorganisées. La France a des atouts et des faiblesses pour affronter cette situation. Nos atouts, c’est qu’on a des acteurs dans le secteur de la santé, et dans celui des tests en particulier. Des groupes comme BioMérieux ou Eurofins peuvent travailler avec Sanofi et l’Institut Pasteur. On a les cerveaux et les blouses blanches.

 

 

Ce qui nous manque, par rapport à l’Allemagne, ce sont les usines et les ouvriers qualifiés. La France n’aime ni le capitalisme, ni les usines. Du coup, on a taxé les entreprises, les machines, le travail et la production, et bien plus qu’en Allemagne.

 

 

Alors on a désindustrialisé et délocalisé. Les Allemands ont les PME, les ETI et les multinationales de la santé. Par conséquent, ils peuvent produire pour eux en temps de crise et peuvent viser les 200.000 tests par jour en avril, contre nous seulement 30.000 par jour. J’espère qu’on saura en tirer les leçons…

 

David Barroux