« Rien n’est prêt pour ce reconfinement des élèves qui va arriver » estime Jacques Attali

Jacques Attali, président de la Fondation Positive Planet, et auteur de « L’économie de la vie » édité chez Fayard, était l’invité de la matinale de Bernard Poirette, ce mardi 25 août. Il affirme que la France aurait dû suivre l’exemple de la Corée du Sud pour la gestion du coronavirus, et se dit inquiet pour la rentrée scolaire.

Jacques Attali fustige la fascination des médias et des politiques pour la Chine

« On a été en retard d’une guerre », analyse Jacques Attali, qui cite l’exemple de la Corée du sud : Dès le 15 décembre, le pays s’est mis en ordre de bataille, explique-t-il, en accumulant des masques, des tests dès le 12 janvier, des instruments pour tracer les gens. Un dispositif mis en place avant le 1er cas officiel, le 24 janvier. Et les résultats sont là, poursuit Jacques Attali : « pour 55 millions d’habitants, il y a eu autour de 300 morts ».

 

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L’économiste souligne surtout que personne n’a été confiné, à l’exception des élèves. Séoul a demandé aux grands-parents de les garder, pour permettre aux parents de continuer à travailler. Une conception globale de la famille différente de la nôtre, reconnaît Jacques Attali, qui plaide pour « repenser la société ». Il a ensuite fustigé la fascination qu’il a observé de la part des médias, des politiques et des diplomates à l’égard de la Chine : « si nous avions regardé à côté (La Corée du Sud NDR), nous n’aurions pas subi cette crise économique ».

 

Le ministre Alain Griset appelle à consommer : « c’est une erreur » répond Jacques Attali

L’ancien sherpa de François Mitterrand a également fait part de ses inquiétudes concernant la rentrée scolaire, se disant « convaincu qu’elle ne va pas marcher » et que le gouvernement sera de nouveau contraint de fermer les établissements scolaires. Or il affirme que l’éducation à distance n’est toujours pas assez développée : « Rien n’est prêt pour ce reconfinement des élèves qui va arriver ».

 

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Dans son livre « L’économie de la vie », Jacques Attali préconise justement d’investir davantage dans l’éducation, notamment à distance, et dans le secteur de la santé. Il explique qu’il faut désormais vivre avec la pandémie, et la considérer « comme une potentialité de réorienter notre économie ». S’agit-il par exemple de consommer davantage, comme l’a souhaité le ministre des PME Alain Griset, au micro de Bernard Poirette lundi matin ? « C’est une erreur », a tranché Jacques Attali, « car nous sommes importateurs de la plupart des biens. Consommer ainsi n’aura aucun impact sur la croissance réelle, sur l’emploi ».

Béatrice Mouedine

 

 

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