Coronavirus :« Le masque, c’est comme le préservatif, le mauvais usage est un risque » affirme Gilles Pialoux

Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital Tenon à Paris, était l’invité de Bernard Poirette. Il est l’auteur d’un livre sur la crise du coronavirus : « Nous n’étions pas prêts », édité chez JC Lattès. Il rappelle l’importance de la bonne utilisation du masque, préconisant des tutoriels sur les réseaux sociaux.

Gilles Pialoux affirme que nous ne sommes pas prêts à affronter une deuxième vague de l’épidémie

En préambule, Gilles Pialoux a précisé que le « nous » qui apparaît dans le titre de son livre « Nous n’étions pas prêts » concerne non seulement l’hôpital public, mais aussi les politiques et la société civile. « Des marqueurs montrent d’ailleurs qu’on n’est toujours pas prêt », a-t-il ajouté, prenant l’exemple des files d’attente mal organisées devant certains laboratoires parisiens, sans différenciation entre patients présentant des symptômes et ceux ayant besoin d’une attestation pour voyager.

 

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La mesure politique de rendre accès aux tests est très bonne, mais elle est mal mise en pratique, selon lui. Bernard Poirette a rappelé au professeur Pialoux les mots très forts que celui-ci avait eu sur le coronavirus : « c’est un broyeur social et un voleur de deuil ». Gilles Pialoux ajoute que le problème des nouvelles maladies, c’est qu’on les découvre : « on apprend en marchant, parfois en courant derrière cette maladie, cela nous renvoie à l’humilité ». Il explique d’ailleurs que « certaines interventions publiques sont extrêmement agaçantes », sans pour autant citer de nom, affirmant qu’on n’a « pas tout compris, et qu’on n’est pas sorti de l’auberge ».

 

Les journalistes et les invités à la télévision doivent porter le masque, estime Gilles Pialoux

Gilles Pialoux a appuyé les propos de Philippe Juvin tenus mardi matin sur Radio Classique : lors du pic de l’épidémie, des places ont été libérées en réanimation, mais aujourd’hui on se retrouve au point de départ, avec 5000 places disponibles. Or, selon Gilles Pialoux : « cette augmentation a pu être rendue possible par l’arrêt des autres activités hospitalières, il s’agissait d’une situation de guerre qui ne peut pas s’inscrire dans la durée ». Il plaide pour que l’on soit « dans la culture du masque », y compris dans les médias, et notamment sur les plateaux de télévision.

 

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A l’objection de Bernard Poirette sur la possible altération de la voix des journalistes et de leurs invités, Gilles Pialoux veut se montrer rassurant : « on trouvera des systèmes ». Concernant l’utilisation du masque, il préconise la pédagogie, notamment à destination des jeunes, via des tutoriels sur les réseaux sociaux. « Le masque va rentrer dans notre culture, il faut savoir l’utiliser », ajoutant « c’est comme le préservatif, le mauvais usage, c’est un risque ».

 

Béatrice Mouedine

 

 

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