Le port du masque en entreprise, seule solution pour éviter la reprise de l’épidémie, estime Martin Blachier

Martin Blachier, épidémiologiste était l’invité de la matinale de Bernard Poirette ce vendredi 14 août. Il estime que le port du masque dans les lieux clos est indispensable, faute de quoi l’épidémie de coronavirus pourrait repartir, avec une multiplication des clusters dans les entreprises des grandes métropoles.

Olivier Véran veut multiplier les tests, une stratégie remise en cause par Martin Blachier

L’épidémie de coronavirus est-elle en train de s’accentuer ? Martin Blachier pointe les chiffres : le taux de positivité des tests a doublé. Or, le nombre de personnes testées a fortement augmenté, ce qui aurait pu entraîner une baisse des tests positifs. Or ce taux augmente, ce qui met en évidence l’augmentation de la circulation du virus. Dans ce contexte, l’épidémiologiste appelle à réfléchir au bien-fondé de cette stratégie basée sur les tests, soulignant que la France est le pays européen qui teste le plus.

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Selon lui, cette stratégie ne peut pas fonctionner, car les patients sont contaminants avant que n’apparaissent les symptômes. Réagissant à la volonté du ministre de la Santé Olivier Véran de multiplier les tests, Martin Blachier affirme que « les tests sont la seule manière de montrer que l’on agit. Quand on demande aux gens de porter des masques : on a juste l’impression que vous voulez les embêter ». Or le port du masque est indispensable si on veut lutter efficacement contre le virus. Il faudra aussi l’imposer dans les entreprises, ajoute l’épidémiologiste, précisant que le gouvernement « sait » que la mesure est primordiale : « le masque en entreprise relève de la santé publique, mais visiblement, politiquement c’est un peu plus compliqué ».

 

Course au vaccin contre le coronavirus : « Vladimir Poutine est en retard sur le peloton de tête »

Pourquoi le masque est-il plus efficace que la distanciation physique ? Martin Blachier, qui plaide d’ailleurs pour « vivre en extérieur » le plus possible, explique que dans une salle fermée, le virus peut se déplacer avec les courants d’air, sous forme de « nuages d’aérosols ». Autre question brûlante, posée par Bernard Poirette : « faut-il se faire tester, et dans quelles circonstances ? ». Il n’y a que deux cas où c’est utile, selon Martin Blachier : quand on est symptomatique, et lorsqu’on a été en contact rapproché et un peu long avec une personne testée positive.

 

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Dans tous les cas, on s’isole pour éviter de contaminer les autres puis ont fait un test. S’il est négatif, on peut sortir de chez soi.
L’épidémiologiste a aussi réagi à l’annonce du président russe Vladimir Poutine de la mise au point d’un vaccin contre le coronavirus, appelé « Spoutnik V ». « Je sais ce qu’il a : un candidat- vaccin fin de phase 2 qui n’a pas de données cliniques, c’est-à-dire qu’il est plutôt en retard sur le peloton de tête où il y a 7 vaccins occidentaux et chinois qui sont en phase 3 », explique Martin Blachier, estimant que le premier vaccin mis au point devrait plutôt être européen, chinois ou américain.

Béatrice Mouedine

 

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