Jean Jouzel, climatologue et ancien vice président du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) était l’invité de la matinale de Bernard Poirette ce mardi 11 août. Il constate que la hausse des températures cet été correspond aux prévisions faites il y a 30 ans, estimant que cela devrait nous inciter « à prendre au sérieux ce que les climatologues envisagent pour le futur ».
Jean Jouzel rappelle que la température en France a augmenté en moyenne d’1,5 degrés depuis 60 ans
« Nous sommes maintenant mieux préparés, du moins au point de vue sanitaire » assure Jean Jouzel, 17 ans après la canicule d’août 2003 et ses 15 000 morts en 3 semaines. Le scientifique déplore que ce type d’épisode de fortes chaleurs, malgré son caractère exceptionnel, notamment par sa durée (une semaine) soit de plus en plus fréquent.
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Joint par Bernard Poirette, Jean Jouzel a tenu à rappeler que la température moyenne en France a augmenté en moyenne d’1.5 degrés depuis les années 60/70. « Ce n’est pas surprenant », a-t-il souligné, « c’est ce que nous avions anticipé il y a 30 ans, et cela nous incite à prendre au sérieux ce que les climatologues envisagent pour le futur. Les températures pourraient dépasser 45 degrés à l’horizon 2050 et si rien n’est fait d’ici la fin du siècle, on pourrait même atteindre les 50 degrés ».
Luc Ferry s’est interrogé sur le caractère exceptionnel de la canicule que nous vivons
Appelé à réagir aux propos de Luc Ferry, qui a minimisé sur Radio Classique l’aspect exceptionnel de cette nouvelle canicule, Jean Jouzel a tenté de faire preuve de pédagogie : « Il faut regarder les statistiques. Dans les années 60, contrairement à nos jours, les hivers étaient très rigoureux ». Le climatologue a également cité l’été 76, particulièrement chaud, précisant qu’aujourd’hui « ce genre d’épisode se produit plus fréquemment. C’était une fois tous les dix ans, désormais on les retrouve tous les deux ou trois ans ».
Béatrice Mouedine