Coronavirus : pourquoi la France est-elle touchée par un surplus alimentaire ?

Malgré le confinement, les Français devraient continuer de s’alimenter dans les mêmes proportions. Pourtant, le pays déborde de lait, de viande, de fruits et de légumes…

 

Lait, viande, fruits et légumes : une production difficile à freiner

Cela peut sembler paradoxal. Au début du confinement, il y a 3 semaines, notre crainte était de manquer de nourriture. Aujourd’hui, le problème résulte dans le surplus alimentaire. Dans les étables et les champs, les paysans ne savent plus quoi faire de tout ce lait, de toute cette viande ou de tout ces fruits et légumes qu’ils n’arrivent pas à écouler.

 

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En temps normal, la France est une grande puissance agricole qui exporte et qui transforme. Mais à présent, la logistique mondiale est perturbée. Les flux ne sont pas fluides et du coup tout se grippe. Surtout, on manque de saisonniers pour récolter dans les champs et de personnel dans les usines de transformation.

 

En plus, les consommateurs préfèrent stocker des pâtes, de la farine, de la compote en pot et des steaks hachés plutôt que d’acheter des produits frais. D’autant que l’on produit toujours autant. Les vaches doivent être traites tous les jours ; les asperges et les fraises sont déjà mûres.

 

Transformer les produits périssables pour éviter le gaspillage

Les agneaux de Pâques sont aussi pour maintenant. Mais si on produit autant, on récolte moins, on transforme moins, on transporte moins et on vend moins… Et tous ces petits moins mis bout à bout, cela fait de gros surplus qui s’accumulent. Certes, il vaut mieux avoir trop que pas assez.

 

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C’est un problème plus facile à régler. Il n’y a pas de solution miracle mais une somme de petites solutions imparfaites. Pour le lait, on va faire de la poudre, du lait longue conservation ou du beurre. Pour la viande, on va faire plus de viande hachée. Pour les fruits, on va faire des confitures. Seulement, ces solutions valorisent moins la production… Mais on va aussi améliorer la logistique en temps de crise.

 

 

La distribution va apprendre à mieux soutenir la production nationale et le consommateur qui n’a plus l’occasion d’aller au marché va quand même trouver d’autres biais pour se fournir en fruits et légumes frais. On va s’adapter.

 

David Barroux