Coronavirus : Le secteur immobilier doit-il craindre un effondrement du marché ?

La tension monte chez les professionnels de l’immobilier. Avec la hausse du chômage à venir, les agences redoutent un ralentissement du marché. Les prix pourraient donc baisser, mais il ne faut pas s’attendre à l’explosion d’une bulle spéculative.

 

Avec la crise, il pourrait y avoir moins de chantiers, moins de transactions

Après deux mois de confinement et un peu plus de deux semaines de déconfinement, tout l’écosystème de l’immobilier est un peu inquiet. Les promoteurs, les groupes de BTP comme les agents immobiliers, craignent que dans les mois et les années qui viennent, on assiste à un coup d’arrêt sur ce marché. Le risque n’est pas un effondrement mais un ralentissement. Il pourrait y avoir moins de chantiers, moins de transactions et les prix pourraient baisser.

 

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Au final, cela ne sera pas catastrophique pour les acquéreurs mais ce sera sans doute un peu moins bien pour les vendeurs. Mais s’il y a un peu moins d’argent dans le système, le contexte ne sera plus favorable à ceux qui en vivent en prélevant des commissions ou en facturant les autres. Si le marché risque de connaître un coup d’arrêt, c’est parce que l’immobilier n’est pas un secteur totalement hors-sol.

 

 

C’est aussi un reflet de l’économie en général. Si dans les mois qui viennent, vous avez une récession et une hausse du chômage, cela va fatalement impacter les consommateurs. Quand on a plus de salaire ou moins de rémunération variable, on s’endette moins.

 

 

Le secteur espère qu’en cas d’effondrement du marché, l’Etat lui viendra en aide

Pour l’instant, on n’a pas encore de chiffres précis mais on entend déjà des agents dire que ceux qui sont obligés de vendre acceptent parfois de revoir à la baisse leurs prétentions de 5 à 10%. On vient d’entrer dans une petite spirale baissière. Ceux qui refuseront de vendre en baissant les prix vont peut-être juste attendre ; ce qui va geler un peu le marché. Mais pas d’inquiétude !

 

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D’abord, parce que les taux d’intérêts, même s’ils remontent, restent bas. Ensuite, parce que la demande est encore là. On a quand même une croissance démographique, une croissance urbaine, une hausse des divorces… ll y a des besoins en logements auxquels on ne répond pas parfaitement. Enfin, même si les prix augmentent depuis des années, on n’est pas dans une bulle spéculative avec des hausses très rapides et irrationnelles, comme avant la crise bancaire de 2008-2009.

 

 

On sent qu’il peut y avoir un ajustement à la baisse, pas un effondrement. Et puis pour terminer, le gouvernement vient en aide à tous les secteurs : l’auto, la culture et le tourisme ont eu leur plan de relance. Dans l’immobilier aussi, on finira par avoir des aides de toutes sortes pour soutenir aussi bien l’offre que la demande.

 

David Barroux