Coronavirus : la pétition de Philippe Douste-Blazy pour la chloroquine frôle les 575.000 signatures

Philippe Douste-Blazy était l’invité de la matinale de Guillaume Durand ce lundi 4 mai. L’ancien ministre de la Santé et ex-secrétaire général adjoint des Nations unies a défendu son triptyque pour la sortie du confinement, « tester, rechercher la charge virale et traiter ». Il a affirmé qu’il prescrirait de l’hydroxychloroquine et de l’azithromycine à sa famille si elle était atteinte. Il a déploré l’échec « à pleurer » des essais cliniques européens Discovery et s’est inquiété des effectifs des brigades de dépistage et du nombre de tests effectués. 

 

Philippe Douste-Blazy, proche de Didier Raoult, propose de tester, rechercher la charge virale et traiter le Covid

« Ma famille aurait le Covid, je la mettrais sous hydroxychoroquine et azithromycine« . Alors que le gouvernement maintient l’incertitude sur la date précise du déconfinement, officiellement fixée au 11 mai, Philippe Douste-Blazy a exposé le triptyque idéal à ses yeux – « tester, rechercher la charge virale et traiter » – pour assurer la sécurité sanitaire des Français dans les semaines à venir. Celui-ci inclut le traitement recommandé par le professeur Didier Raoult, dont il est proche.

 

à lire aussi

 

Un traitement qui, selon les affirmations de l’ex-ministre de la Santé, aurait fonctionné. Il faut « tester rapidement les gens malades, vous les prenez à un stade beaucoup plus précoce et vous les isolez dans un hôtel thérapeutique. Tous les pays au monde qui ont fait cela n’ont pas confiné, n’ont pas eu de morts et ont pu faire repartir leur économie le plus vite possible ». Bien que cette bi-thérapie, à base d’antibiotique et d’anti-inflammatoire, ne soit officiellement prescrite désormais que par des médecins hospitaliers, Philippe Douste-Blazy l’a affirmé : « la plupart des médecins généralistes » prescrivent la chloroquine.

 

 

En plus de multiplier les déclarations publiques en faveur de la chloroquine, dont l’efficacité n’a été attestée pour l’heure par aucune étude reconnue, Philippe Douste-Blazy a lancé avec un collectif de médecin une pétition sur la plateforme change.org, intitulée « Traitement Covid-19: ne perdons plus de temps ! »

 

Une pétition en faveur de la chloroquine, lancée par Philippe Douste-Blazy, compte plus de 573.000 signatures

Il y est détaillé la liste des pays qui ont autorisé, sous conditions, le médicament pour traiter le Covid-19. La démonstration s’appuie notamment sur « des données chinoises récentes » qui auraient « suggéré l’efficacité de la chloroquine ou de l’hydroxychloroquine au laboratoire et chez les malades ». Une pétition en ligne, à laquelle se sont associés le médecin urgentiste Patrick Pelloux ou encore François Bricaire, l’ancien Chef du service de maladies infectieuses à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, et qui a rassemblé plus de 573.000 signatures depuis son lancement.

 

à lire aussi

 

« Je crois que c’est la première fois de notre Histoire que le ministère de la Santé interdit un médicament qui était, il y a 2 mois, libre d’accès dans les pharmacies », s’est scandalisé Philippe Douste-Blazy. Pour rappel, l’hydroxychloroquine était disponible sans ordonnance en officines avant la parution d’un décret du ministère de la Santé en janvier 2020. Le gouvernement avait indiqué attendre le résultat des essais européens Discovery avant de prendre la moindre décision d’autorisation d’un traitement contre le coronavirus.

 

à lire aussi

 

« Malheureusement, les essais scientifiques comme Discovery ne trouveront rien. C’est vraiment à pleurer. C’est dommage et très triste », s’est désolé l’ancien cadre de l’ONU. L’une des causes de l’échec des essais cliniques serait, d’après le journal Le Monde, le manque de coopération entre les pays participants.

 

Si la France avait dépisté davantage, « on aurait relancé la machine économique plus tôt »

« L’épidémiologiste que je suis est atterré par cette histoire. En réalité, il y a eu une guerre entre le scientifique et les médecins. Le juge de paix sera comme d’habitude le taux de mortalité ». En s’appuyant sur lui, à l’image du professeur Didier Raoult qui exerce dans la cité phocéenne, Philippe Douste-Blazy a affirmé qu’il en ressortait « dans les Bouches-du-Rhône, comme à Marseille, un taux beaucoup plus bas, comme on le trouve dans différents pays qui ont mis en place des antiviraux très tôt« .

 

à lire aussi

 

Alors que des craintes d’une deuxième vague après le déconfinement se font insistantes, Philippe Douste-Blazy a laissé entendre que « le confinement a fonctionné ». « Il y a une baisse totale du nombre de patients en réanimation. Mais il y a encore tous les jours entre 500 et 1.000 personnes qui rentrent à l’hôpital pour le Covid-19 ». Si le confinement en France a marché à ses yeux, il n’était pas la solution adéquate.

 

 

« Tout le monde à compris qu’il y a des pays qui n’ont pas confiné. Il n’était pas nécessaire d’avoir ce drame absolu dans le pays, parce que si au départ on avait testé suffisamment, alors on n’aurait pas confiné – l’Allemagne a confiné très peu par rapport à nous – et on aurait relancé la machine économique plus tôt ». Prenant pour référence le cas allemand, il a pointé les insuffisances du dépistage en France, estimant malgré les estimations optimistes du gouvernement que les tests ne seront pas effectués en nombre suffisant après le 11 mai.

 

La France ne « fait que 250.000 tests » par semaine, contre 700.000 annoncés pour le déconfinement

« Il y a une incertitude sur l’organisation et la mise en place du dépistage, parce que l’idée des brigades sur le terrain pour dépister est une bonne chose, mais avec quels délais vont elle être mises en place ? Le deuxième problème, ce sont les effectifs. Monsieur Delfraissy (président du Comité scientifique) a parlé de 30.000 personnes. A présent, nous sommes entre 3.000 et 5.000. Le ministre dit qu’ils vont faire 700.000 tests par semaine. Mais au moment où je vous parle, on en fait que 250.000″.

 

à lire aussi

 

Philippe Doute-Blazy aurait aimé intégrer aux brigades de dépistage des pharmaciens à la retraite pour renforcer la confiance des Français dans les tests. Les pharmaciens, qui sont actuellement vent debout face à l’arrivée en masse dans les grandes surfaces de masques, alors qu’ils ont peiné à en obtenir ces dernières semaines. « La fait qu’ils n’aient pas eu de masques, non seulement pour eux, mais pour les médecins du quartier qui le demandaient, et qui maintenant le trouvent chez le buraliste et les grandes surfaces, c’est vrai que c’est dur ».

 

 

Alors que que le Sénat doit voté aujourd’hui la loi de prolongation de l’état d’urgence sanitaire, incluant l’article 6 sur le traçage des personnes contaminées, Philippe Douste-Blazy a exposé ses inquiétudes. « Il faut anonymiser les données. Dès l’instant, où cela remonte à l’administration française, il faut surtout qu’il est un système de contrôle de ces données personnelles, éviter tout piratage et fixer une date de destruction de ces données ».

 

Nicolas Gomont

 

Retrouvez les interviews politiques